L’Agence spatiale européenne (ESA) a lancé un projet de remorqueur spatial interplanétaire baptisé LightShip. L’Europe veut ainsi renforcer son engagement dans l’exploration spatiale en rendant les trajets entre la Terre et Mars plus fréquents et plus abordables. Le 6 mai 2025, l’ESA a publié un communiqué pour présenter ce projet, qui pourrait modifier la façon dont l’humanité aborde l’exploration martienne.
Des allers-retours plus réguliers et moins chers vers la planète rouge
LightShip est un remorqueur conçu par l’ESA pour faciliter l’exploration robotique de Mars et la rendre plus accessible, explique Futura Sciences. La feuille de route prévoit des missions régulières, la première en 2032, avec un lancement tous les deux ou trois ans.
Cette régularité doit permettre d’augmenter peu à peu le nombre de relais de communication autour de Mars, et même de développer à terme un service de navigation par satellite sur la planète.
LightShip a pour particularité d’être réutilisable. Après avoir placé un vaisseau porteur et ses modules en orbite autour de Mars, il resterait en orbite haute, à moins de 6 000 km de la planète, pour servir de relais de communication, puis reviendrait sur Terre pour être réutilisé. Cela pose les bases d’un réseau logistique et technique durable, qui lancerait un futur service de navigation martien et améliorerait la coordination des recherches scientifiques.
Un remorqueur solaire et électrique, plutôt futuriste
Pour assurer l’efficacité et la durabilité des missions, LightShip sera équipé de larges panneaux solaires. Ils fourniront l’énergie nécessaire à sa propulsion électrique et contribueront à l’autosuffisance spatiale.
La propulsion électrique et l’énergie solaire sont déjà éprouvées dans l’industrie spatiale, ce qui renforce la fiabilité des missions envisagées et notre compréhension des phénomènes solaires.
LightShip pourra embarquer un ou plusieurs vaisseaux par mission, ce qui laisse de la marge pour différents types d’opérations vers Mars. Les modules transportés pourront être déposés en cours de route ou directement à destination, une façon d’optimiser l’utilisation de l’espace et des ressources tout en respectant les normes de protection planétaire.
Mettre la recherche et l’exploitation martienne au premier plan
Le projet LightShip vise aussi à améliorer les conditions de la recherche sur Mars. La première mission, LightShip-1, emportera comme charge utile principale plusieurs caméras à haute résolution pour étudier la planète.
S’y ajouteront des instruments supplémentaires, comme des modules de surveillance des phénomènes atmosphériques, qui ne devront pas interférer avec les objectifs principaux de la mission.
L’appel à propositions pour ces instruments additionnels est déjà lancé. Il devrait créer de nouvelles possibilités pour les scientifiques européens et internationaux qui souhaitent profiter de ces trajets plus accessibles vers Mars.
L’intention de l’ESA avec LightShip est claire : faire de l’Europe un acteur majeur de la conquête de l’espace. Face à d’autres acteurs comme SpaceX, d’Elon Musk, et son projet Starship, l’Europe cherche à renforcer sa présence stratégique sur Mars.
Selon l’ESA, « LightShip permettra d’effectuer des missions à faible coût vers Mars », ce qui résume l’intérêt économique et scientifique du projet.



