Installer du bambou traçant ou de la renouée du Japon en haie expose désormais son propriétaire à une amende, avant même tout conflit avec le voisin, alerte le magazine Pleine Vie. L’article L.411-6 du Code de l’environnement interdit l’introduction, la détention, le transport ou l’utilisation des espèces inscrites sur la liste des espèces exotiques envahissantes établie par le ministère de la Transition écologique. Planter une espèce qui figure sur cette liste est illégal.
Des rhizomes capables de courir dix mètres par an
Le bambou traçant et la renouée du Japon partagent le même mode de propagation : un réseau souterrain de tiges appelées rhizomes, capable de progresser jusqu’à 10 mètres par an. Ces rhizomes percent le bitume, soulèvent une terrasse en béton ou fissurent des canalisations en PVC en cherchant l’humidité. Une fois installées, ces plantes sont très difficiles à éradiquer et peuvent transformer un terrain en champ de pousses incontrôlables.
Introduite en France au dix-neuvième siècle comme plante ornementale, la renouée du Japon compte désormais parmi les pires espèces invasives au monde.
Le propriétaire répond de tous les dégâts
Au-delà de l’interdiction de planter, l’article 1240 du Code civil rend le propriétaire responsable des dommages causés à autrui par les choses sous sa garde. Si les rhizomes fissurent la piscine du voisin ou envahissent son potager, le lien de causalité est établi : le propriétaire doit financer l’intégralité des réparations, au titre du trouble anormal de voisinage.
Les factures pour excaver la terre, détruire le réseau racinaire et réparer terrasse, canalisations ou fondations oscillent fréquemment entre 3 000 et 15 000 euros, un montant souvent sous-estimé au moment de la plantation. Depuis la loi n° 2024-346 du 15 avril 2024, ces troubles anormaux de voisinage figurent directement dans le Code civil, alors qu’ils ne reposaient auparavant que sur la jurisprudence. Ce texte renforce la position des voisins victimes de bambous mal contenus.
Face à ces plantes capables de repartir chaque printemps, couper les rhizomes ne suffit pas toujours. La seule solution préventive réellement efficace consiste à installer, avant la plantation, une barrière anti-rhizomes en polyéthylène haute densité d’au moins un millimètre d’épaisseur, enfouie à 70 centimètres de profondeur et dépassant de cinq centimètres au-dessus du sol. Une simple bâche ou des tôles ne tiennent pas : les rhizomes les percent en moins de deux ans.

