Le béton parisien stocke la chaleur le jour et la relargue la nuit : 10 degrés d’écart avec la campagne, les urbanistes tirent la sonnette d’alarme

Saviez-vous qu’à Paris, les nuits peuvent être jusqu’à 10 °C plus chaudes qu’à la campagne pendant les canicules ?

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Le béton parisien stocke la chaleur le jour et la relargue la nuit : 10 degrés d'écart avec la campagne, les urbanistes tirent la sonnette d'alarme
Le béton parisien stocke la chaleur le jour et la relargue la nuit : 10 degrés d’écart avec la campagne, les urbanistes tirent la sonnette d’alarme © RSE Magazine

Chaque nuit d’été, le thermomètre peut afficher 8 °C de plus au centre de Paris que dans la campagne alentour. Ce phénomène, appelé îlots de chaleur urbains, modifie le climat nocturne en ville et soulève d’importants enjeux sanitaires.

L’îlot de chaleur urbain creuse des écarts de température entre la ville et sa périphérie, surtout la nuit. Le béton, l’asphalte et la pierre, omniprésents en ville, emmagasinent la chaleur le jour et la restituent lentement la nuit. Cette inertie empêche l’air au-dessus de la ville de se refroidir aussi vite qu’à la campagne.

Des écarts thermiques et ce que ça fait à la santé

À Paris, l’écart moyen annuel atteint 2,5 °C par rapport aux zones rurales voisines comme le Vexin ou les forêts de Rambouillet et de Fontainebleau. Pendant les canicules, il peut dépasser 10 °C, comme en 2003, alerte Sciencepost.

Cette année-là, la surmortalité a augmenté de 190 % à Paris, contre 40 % en zone rurale. Sur les 15 000 décès attribués à la canicule en France, 5 000 se sont concentrés en Île-de-France.

Le risque tient surtout aux nuits sans fraîcheur, ces nuits tropicales où la température reste au-dessus de 20 °C. Paris en compte aujourd’hui environ 5 par an, mais ce nombre pourrait monter à 35 d’ici 2080. Sans baisse nocturne, le corps ne récupère plus et la mortalité liée à la chaleur augmente.

S’adapter et atténuer le phénomène

Plusieurs solutions sont déjà appliquées pour limiter l’ICU. Les peintures réfléchissantes posées sur les trottoirs abaissent la température de 10 °C par rapport à l’asphalte ou au béton classiques. Végétaliser les toitures, les façades et les espaces publics relance l’évapotranspiration.

Créer des îlots de fraîcheur et désimperméabiliser les sols font partie des mesures soutenues par la Ville de Paris, qui finance ces zones de rafraîchissement depuis 2022.

Les études de Météo-France cartographient finement les quartiers à traiter en priorité, compte tenu de l’impact régional du réchauffement climatique.

Ce qui nous attend et pourquoi il faut agir

D’ici 2050, la France pourrait voir la fréquence des vagues de chaleur doubler sous l’effet du réchauffement climatique. Pour les grandes villes comme Paris, l’enjeu dépasse le confort : des vies sont en jeu. Des solutions techniques simples et efficaces restent essentielles pour protéger des milliers de citadins pendant les canicules et améliorer le confort thermique.

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