Un fossile bien conservé découvert au Canada a confirmé l’existence du plus grand scorpion jamais répertorié. La découverte a été annoncée dans une étude parue le 2 juin 2026 dans la revue britannique Palaeontology. Le spécimen appartient au genre Eramoscorpius, un scorpion préhistorique resté mal documenté jusqu’ici. Il a 415 millions d’années.
Comment on a découvert et classé Eramoscorpius
Mis au jour en 2015, le fossile d’Eramoscorpius a permis de trancher une énigme paléontologique vieille de plus d’un siècle. L’équipe du Dr Richie Howard, conservateur des arthropodes fossiles au Musée d’Histoire Naturelle de Londres, s’est appuyée sur ce spécimen pour revoir la classification de restes jusque-là mal identifiés. Henry Woodward l’avait d’abord décrit en 1871 comme un grand crustacé ; l’animal a ensuite été reclassé à partir des éléments anatomiques disponibles.
Cet arthropode du Silurien mesurait plus d’un mètre, avec des pinces de 16 centimètres. Il se déplaçait aussi bien dans l’eau que sur la terre ferme et dominait son écosystème comme prédateur, à la manière des requins préhistoriques. Son aire correspond aujourd’hui à l’Angleterre et au Pays de Galles. Les plaines inondables de l’époque ne subissaient pas encore la concurrence des vertébrés terrestres, ce qui a favorisé le gigantisme de ces arthropodes.
Son rôle dans l’écosystème et ce que ça nous apprend sur l’évolution
Eramoscorpius se plaçait au sommet de la chaîne alimentaire locale. Il chassait des arthropodes plus petits, des poissons et d’autres proies aquatiques. « Les ancêtres des reptiles, des mammifères et des oiseaux n’avaient pas encore migré vers les milieux terrestres », souligne le Dr Howard, ce qui explique l’absence de grands concurrents sur la terre ferme.
Sans prédateurs terrestres, des arthropodes comme Eramoscorpius ont pu atteindre des tailles colossales. « Quand on pense aux arthropodes géants, on songe surtout aux mille-pattes comme Arthropleura ou aux libellules géantes du Carbonifère », note le Dr Howard. Les requins fossiles renseignent sur la vie marine d’une époque où la Terre était couverte de mers peu profondes.
Les pistes pour les recherches à venir
L’étude du Dr Richie Howard repousse les limites de taille connues pour les arthropodes préhistoriques et ouvre des pistes pour la suite. Les fossiles de comparaison, notamment ceux conservés au Natural History Museum de Londres, restent fragmentaires et ne montrent pas le telson. Des fouilles plus poussées dans les sédiments dévoniens du Royaume-Uni pourraient livrer d’autres indices sur l’animal.

