Ces algues rouges envahissent les plages atlantiques et transforment le sable en un matériau dur comme du béton

Des milliers de tonnes d’algues rouges envahissent nos plages, mais saviez-vous qu’elles pourraient révolutionner la construction durable ?

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Ces algues rouges envahissent les plages atlantiques et transforment le sable en un matériau dur comme du béton
Ces algues rouges envahissent les plages atlantiques et transforment le sable en un matériau dur comme du béton © RSE Magazine

Les plages de la Vendée, de la Bretagne et du Pays basque connaissent régulièrement des échouages massifs de l’algue rouge Solieria chordalis, une prolifération massive qui pose un problème écologique. Ces dépôts dégagent une forte odeur et compliquent la gestion logistique des communes côtières, mais ils ouvrent aussi une voie de valorisation dans la construction durable.

Solieria chordalis : qui est-elle et pourquoi elle pose problème

Solieria chordalis se reconnaît à sa couleur rouge vif et à sa texture ferme, presque cartilagineuse. Ses principaux composés, les carraghénanes et l’agar, ont des propriétés gélifiantes et liantes qui peuvent remplacer le ciment dans certaines applications de renforcement du béton, explique le Sciencepost.

Pendant sa croissance, l’algue capte beaucoup de carbone, comme l’olivine utilisée pour piéger le dioxyde de carbone. Elle doit toutefois être dessalée avant toute utilisation, car sa teneur en chlorure de sodium nuit au béton. En France et en Europe du Nord, elle est considérée comme une espèce envahissante : elle se propage par le trafic maritime et l’aquaculture, et menace la biodiversité marine.

Sur le terrain : effets locaux et gestion

En France, les plages de la Vendée, à Noirmoutier et sur l’île d’Yeu, sont particulièrement touchées, avec des échouages annuels qui peuvent atteindre 100 000 tonnes d’algues rouges, soit la masse de 1 000 baleines bleues adultes. Ces dépôts, souvent liés à des épisodes météorologiques comme le coup de vent du 4 octobre 2025, dégagent de fortes nuisances olfactives et coûtent cher aux communes, qui doivent organiser le ramassage et l’évacuation.

À Saint-Hilaire-de-Riez, certaines années ont nécessité plus de 180 rotations de semi-remorques pour évacuer ces dépôts.

Des projets qui transforment les algues en matériau

Face à ce gisement disponible, plusieurs initiatives cherchent à transformer ce « déchet » en ressource. L’université de technologie de Compiègne, avec l’entreprise Matière, développe le projet Algeabrick pour produire des briques biosourcées. Des travaux comparables sont menés à l’université de Washington, en partenariat avec Microsoft, où des chercheurs ajoutent des algues séchées au ciment pour réduire son empreinte carbone de 21 %. En France, le projet Terre d’algues, soutenu par l’ADEME, vise à fabriquer des briques isolantes à partir d’algues et de terre crue.

Le potentiel n’est pas négligeable : 1 000 tonnes d’algues permettraient de fabriquer près de 10 millions de briques. Ces briques isolent deux fois mieux que les isolants pétrochimiques classiques, sur le plan thermique comme acoustique. Elles sont ininflammables et présentent des propriétés antibactériennes, ce qui intéresse en particulier les marchés hospitaliers et scolaires.

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