Les pièges photographiques ont capté une scène rare : un couple de castors relâchés dans la nature, toujours réunis, occupés à ériger leur tout premier barrage. Les images les montrent au travail, selon les mots du Cornwall Wildlife Trust (CWT), qui gère l’opération.
Ce couple fait partie des deux paires de castors relâchées début février dans une réserve naturelle du trust, en Cornouailles centrale, sur le bassin versant des rivières Par et Fowey, rapporte la BBC. Il s’agit de la première opération de relâcher entièrement autorisée dans la région. Rien ne garantissait pourtant que les animaux resteraient appariés une fois lâchés dans la nature.
« Bien qu’ils aient été relâchés par paires, rien ne garantissait qu’ils resteraient ensemble ; il s’agit donc d’un signe précoce très encourageant. », a fait savoir le CWT dans un communiqué. L’organisation y voit un « signe positif supplémentaire de l’installation du couple sur son territoire ».
L’opération s’appuie sur des licences délivrées par Natural England pour deux sites distincts : le domaine Holnicote Estate du National Trust, dans l’Exmoor, dans le Somerset, et le site choisi par le Cornwall Wildlife Trust en Cornouailles. La ministre de la Nature, Mary Creagh, a présenté le retour de l’animal comme relevant d’une mission de protection et de restauration de la nature.
Le castor avait disparu à l’état sauvage en Angleterre il y a plus de 400 ans, chassé pour sa fourrure, sa viande et ses glandes.
À Helman Tor, un autre couple s’est installé sans autorisation
Un second couple de castors a fait son apparition, de façon inattendue celle-là, dans la réserve naturelle de Helman Tor, gérée elle aussi par le CWT. Leur arrivée résulte d’une relâche non autorisée, effectuée il y a six mois par un tiers resté inconnu. Les caméras de piège photographique ont confirmé qu’ils s’étaient bien installés sur un territoire, une activité devenue plus visible en juillet, quand les niveaux d’eau ont baissé.
Le couple a lui aussi construit son premier barrage, décrit par le trust comme woody, leaky, c’est-à-dire fait de bois et non étanche. Il retient davantage d’eau, plus longtemps, ce qui profite selon l’organisation aux zones humides pendant les périodes de chaleur et de faible débit. Des arbres ont été coupés en taillis ou abattus par les castors pour se nourrir de feuilles et de végétation ligneuse.
Les mares créées autour du barrage attirent désormais d’autres espèces : des hérons y viennent régulièrement, des libellules survolent la surface, et de petits mammifères empruntent la structure pour traverser la rivière. L’équipe de la réserve a choisi de laisser le barrage en l’état pendant que le couple achève de s’installer.
Cette découverte n’a pas changé les plans du CWT, qui poursuit sa demande de licence pour un relâcher sauvage plus large en Cornouailles. L’organisation prévoit de travailler avec les communautés locales et les propriétaires terriens, avec des consultations publiques annoncées dans les bassins versants de Par et de Fowey. Cet hiver, un dépistage sanitaire des deux castors de Helman Tor sera mené avec des partenaires comme le Beaver Trust, en préparation de futurs relâchers surveillés.
Le trust soutient par ailleurs une stratégie plus ambitieuse de réintroduction : financement pour les agriculteurs et gestionnaires de terres, appui aux groupes de gestion du castor, confirmation que les populations sauvages puissent rester en Angleterre et au Pays de Galles, et reconnaissance de l’espèce comme indigène au Pays de Galles avec une pleine protection légale.




