Le développement prévu sur Blackadore Caye n’a toujours pas ouvert ses portes. Aucune date d’inauguration n’est confirmée, à la date du 12 septembre 2026, pour ce projet porté par l’acteur Leonardo DiCaprio sur son île privée, au large du Belize, dans les Caraïbes.
Une île achetée pour 1,75 million de dollars
Blackadore Caye couvre 42 hectares, à l’ouest d’Ambergris Caye, à proximité immédiate de la barrière de corail du Belize. Leonardo DiCaprio, connu pour son activisme environnemental autant que pour sa carrière hollywoodienne, l’a achetée en 2005, à parts égales avec l’entrepreneur Jeff Gram, pour 1,75 million de dollars US.
L’acteur avait découvert le site un an plus tôt, lors d’un voyage, et avait été impressionné par la richesse de sa vie marine. Selon des propos rapportés par le New York Times en 2015, il avait résumé son impression en une phrase : « C’était comme le paradis sur Terre ».
À l’époque, l’île n’était pas exactement un paradis intact. Surpêche, érosion côtière et disparition des mangroves avaient abîmé le milieu et fragilisé les espèces des environs.
Mangroves, lamantins et énergies renouvelables
Dix ans après l’achat, en 2015, DiCaprio a présenté publiquement son projet : « Blackadore Caye, a Restorative Island ». L’idée consistait à associer un complexe touristique de luxe à un programme de restauration environnementale, sur un principe simple : limiter au maximum l’emprise des constructions pour conserver de vastes zones naturelles.
Le plan prévoyait l’usage d’énergies renouvelables, une réduction des déchets et des restrictions sur les produits polluants. Il misait surtout sur la reconstitution des mangroves qui poussaient autrefois sur l’île, des formations qui freinent l’érosion, stockent le carbone et servent de refuge et de zone de reproduction pour poissons et crustacés.
Une zone entière devait être réservée à la conservation des lamantins, ces mammifères aquatiques qui peuplent les côtes, rivières et lagunes du Belize et dépendent d’une végétation aquatique saine pour se nourrir. Les eaux entourant Blackadore Caye abritent aussi des tarpons, des palomètes et des bonefish, des espèces protégées dans le pays. DiCaprio avait alors expliqué que l’objectif principal était de faire quelque chose qui change le monde.
Le projet a rapidement buté sur des oppositions. Des organisations environnementales et des pêcheurs du Belize ont dénoncé le risque que les constructions font peser sur les mangroves, le fond marin et les zones de pêche traditionnelles.
Les plans initiaux prévoyaient jusqu’à 40 villas, des structures sur pilotis au-dessus de l’eau, de grands quais, des chambres d’hôtel et même une plateforme pour hélicoptères. Des pêcheurs locaux ont raconté avoir été chassés du site par des gardes armés, malgré leurs droits de pêche établis de longue date dans la zone. Le conflit portait autant sur l’accès à l’île que sur l’usage de ses eaux.
Face à cette résistance, l’équipe de développement a fini par revoir une partie de sa copie. La piste d’atterrissage a disparu des plans, et les structures controversées construites au-dessus de l’eau ont été retirées du projet final.
L’inauguration était programmée pour 2018. Elle n’a jamais eu lieu. Un rapport de 2024 évoquait une ouverture repoussée à la fin de l’année 2025, échéance qui n’a pas non plus été tenue selon les informations les plus récentes.
Les retards tiennent en partie aux modifications successives du projet, revu à mesure que spécialistes et associations environnementales examinaient son impact possible sur l’écosystème marin de l’île. Le projet reste tiraillé entre trois enjeux difficiles à concilier : préserver un milieu naturel vulnérable, développer un tourisme de luxe rentable et respecter les droits des communautés de pêcheurs installées dans la zone depuis longtemps.
À ce jour, Blackadore Caye demeure une île sans complexe achevé, ni date de livraison arrêtée.




