En République tchèque, une colonie de huit castors a modifié la gestion de l’environnement local. En construisant des barrages sur un site naturel protégé de la région de Brdy, à 50 km au sud de Prague, ces animaux ont transformé un terrain destiné à devenir une zone humide. Ils ont aussi permis des économies importantes. Le cas a attiré l’attention pour ses effets économiques et écologiques, et il montre que la restauration écologique devance parfois l’action humaine.
Ce que les castors ont changé dans l’aménagement local
Les castors ont agi vite. En « deux nuits », ils ont monté des structures en pierres, en boue et en bois qui ont ralenti le débit de la rivière Vltava. Ces barrages ont créé une zone humide « sur une zone presque deux fois plus grande que ce qui était prévu », selon l’Agence tchèque de protection de la nature.
Jiri Vlček, qui suit le dossier, a observé : « Les castors sont capables de construire un barrage en une nuit, deux nuits au maximum. Un ouvrier travaillant seul pourrait le construire en une semaine environ. » Leur intervention a évité à la commune des procédures administratives qui traînaient depuis plus de sept ans, et a permis d’économiser environ 1 111 111 €.
Réactions et réveil de la conscience environnementale
Le travail des castors a fait réagir. La commune a salué publiquement leur ingéniosité, et le public s’est amusé de voir l’administration incapable de faire aussi bien que la nature. Jaroslav Obermajer a relevé la qualité de l’ouvrage : « Les castors savent toujours ce qu’il y a de mieux. »
Les bénéfices ne sont pas qu’économiques. Les barrages servent de filtres naturels : ils retiennent les sédiments et certains polluants, dont des métaux lourds. Ils sont parfois plus efficaces que les ouvrages construits par l’homme, comme l’a montré une étude menée sur le fleuve Colorado, aux États-Unis. En République tchèque, Gerhard Schwab a résumé la chose dans le National Geographic : « Un ruisseau sans castors n’est pas un ruisseau. Ce n’est que de l’eau ! »




