Le plateau de Lisima, à l’est de l’Angola, a servi de base à une grande expédition scientifique récemment lancée pour explorer une biodiversité encore largement méconnue. Menée en février par une équipe dédiée, cette mission a mis au jour une abondance d’espèces jusque-là inconnues, montrant la valeur écologique de cette région. Les résultats étonnants de l’expédition ont été annoncés ce mercredi par The Wilderness Project, une organisation de conservation reconnue.
Un milieu bien placé et très varié
Le plateau de Lisima se distingue par sa position écologique particulière. Les cours d’eau qui le traversent alimentent quatre grands bassins fluviaux africains : le Congo, l’Okavango, le Zambèze et le Cuanza. Cet emplacement unique favorise l’apparition d’écosystèmes divers et relativement préservés, mais encore peu documentés. La biodiversité de Lisima n’avait jamais été décrite avec autant de précision, confirmant le potentiel encore peu exploité de cette zone.
Une biodiversité surprenante et des espèces fascinantes
Pendant l’expédition, les chercheurs ont recensé 8 espèces de libellules nouvelles pour la science ainsi que 3 espèces inédites de sauterelles. Environ 60 papillons et papillons de nuit ont aussi été identifiés, jusque-là jamais décrits. Les découvertes d’araignées ont réservé leur lot de surprises : des araignées remarquables, dont une araignée-crabe couronnée capable de briller sous lumière UV, et une nouvelle araignée orbitèle orange vif qui utilise une technique de mimétisme pour tromper ses prédateurs potentiels.
Fluorescent spider and armored cricket among incredible discoveries in Angola | CNN https://t.co/tDt1odd3uf
— JanetM. (Monarchist) (@Cilvrnum) June 3, 2026
Les insectes terrestres n’étaient pas en reste. Le grillon prédateur cuirassé, à l’allure féroce, dispose d’un mécanisme de défense exceptionnel lui permettant de projeter un liquide lorsqu’il est menacé. Une chenille cuivrée et son papillon adulte correspondant, inconnus jusqu’alors, complètent ce tableau déjà impressionnant de la faune nouvelle découverte à Lisima.
Des menaces qui fragilisent l’équilibre
Malgré ces découvertes enthousiasmantes, l’écosystème de Lisima fait face à plusieurs activités humaines nuisibles. Rob Taylor, le chef de l’expédition, a pointé du doigt des dangers majeurs : l’abattage d’arbres, l’exploitation artisanale du diamant et les pratiques agricoles basées sur le brûlis. Ces activités exercent une pression croissante sur les habitats naturels locaux et mettent en péril la survie des espèces menacées.
Un regard sur l’avenir de la conservation biologique
À l’échelle mondiale, seulement environ 1,5 million d’espèces ont été décrites alors que la planète pourrait en abriter près de 8,7 millions. Chaque découverte sur le plateau de Lisima enrichit notre connaissance de la biodiversité mondiale. L’expédition s’inscrit dans des efforts renforcés pour inventorier ces trésors biologiques, tout comme les découvertes de fossiles marins enrichissent notre compréhension de la biodiversité.
Les nouvelles espèces recensées feront l’objet d’analyses plus poussées et les procédures de description scientifique nécessaires sont déjà en cours, afin d’assurer leur reconnaissance officielle. L’année 2024 avait déjà remis Lisima sous les projecteurs avec la redécouverte du mystérieux « fantôme de l’Angola », un éléphant jadis porté disparu à cause des ravages de la guerre civile.






