90 poussins en une seule fois, le plus gros perroquet du monde fête un baby-boom

90 poussins, un record depuis 75 ans : comment un simple fruit rare a déclenché ce baby-boom inespéré chez le perroquet le plus lourd du monde, autrefois voué à l’extinction ?

Publié le
Lecture : 2 min
90 poussins en une seule fois, le plus gros perroquet du monde fête un baby-boom
90 poussins en une seule fois, le plus gros perroquet du monde fête un baby-boom © RSE Magazine

Quatre-vingt-dix poussins de kakapo ont survécu à la phase critique de leur développement lors de la saison de reproduction 2026, un record pour ce perroquet incapable de voler qui ne vit qu’en Nouvelle-Zélande. Grâce à cette nouvelle génération, la population totale de l’espèce est passée de 235 à 325 individus, selon une annonce du ministère néo-zélandais de la Protection de la nature, à Wellington.

Un tel niveau de population n’avait plus été observé depuis environ 75 ans.

Derrière ce chiffre de 90 se cache une saison particulièrement fournie : 79 femelles ont pondu 258 œufs, dont 106 ont éclos. Un poussin n’est considéré comme autonome, et donc officiellement comptabilisé dans la population, qu’une fois l’âge de 150 jours atteint. Dans les premières années du programme, il avait fallu 16 ans pour élever un nombre équivalent de jeunes oiseaux.

Le fruit d’un arbre rare explique le baby-boom

Les kakapos ne se reproduisent que lorsque le rimu, un arbre indigène de Nouvelle-Zélande, porte une quantité de fruits exceptionnellement abondante. Ce phénomène ne survient que tous les deux à quatre ans. Cette fois, il aura fallu attendre quatre ans depuis la précédente saison de reproduction pour que les arbres fructifient de nouveau, offrant aux oiseaux assez de nourriture pour qu’un nombre inhabituel de poussins éclose et survive.

Le programme de protection de l’espèce a débuté en 1995, alors qu’il ne restait plus que 51 individus dans le monde entier. Des prédateurs introduits par l’homme (chats, rats et hermines) avaient conduit ce perroquet, autrefois largement répandu dans le pays, au bord de l’extinction. Depuis, la population a plus que sextuplé.

Pour y parvenir, l’ensemble des oiseaux a été déplacé sur de petites îles protégées, débarrassées de tout prédateur introduit. Chaque individu porte un émetteur qui permet de suivre ses déplacements, sa santé et son comportement d’accouplement. Quand un œuf est abandonné, les gardes forestiers le récupèrent pour le faire couver artificiellement, et les poussins les plus fragiles reçoivent un élevage à la main.

Une surveillance GPS et une prise en charge médicale rapide complètent le dispositif, tandis que des accouplements ciblés visent à stabiliser la faible diversité génétique de l’espèce.

Le kakapo peut peser jusqu’à 4 kilogrammes, ce qui en fait le plus lourd perroquet du monde. Contrairement à ses cousins colorés, il est incapable de voler mais grimpe très bien aux arbres, et il ne sort que la nuit. Il peut vivre jusqu’à 80 ans.

Le cas de cet oiseau est présenté comme une preuve que les mesures de protection des espèces peuvent réussir, bien au-delà de ce seul perroquet. Plus de 100 000 personnes ont suivi cette saison de reproduction en direct via un livestream, selon le média t-online.

Les responsables de la conservation en Nouvelle-Zélande estiment que la prochaine saison de reproduction pourrait avoir lieu en 2028, lorsque le rimu portera de nouveau suffisamment de fruits.

Laisser un commentaire