Un éleveur australien découvre son pâturage vide au matin : 200 moutons Mérinos volatilisés en une nuit dans le centre-ouest du NSW

120 brebis Merino envolées en plus d’un an sans que personne ne s’en aperçoive. Un réseau organisé viserait les troupeaux australiens, et un fermier y a déjà laissé la vie. L’enquête révèle des détails glaçants.

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Un éleveur australien découvre son pâturage vide au matin : 200 moutons Mérinos volatilisés en une nuit dans le centre-ouest du NSW
Un éleveur australien découvre son pâturage vide au matin : 200 moutons Mérinos volatilisés en une nuit dans le centre-ouest du NSW © RSE Magazine

120 brebis Merino ont été signalées disparues d’une propriété de Leadville, à environ 100 km à l’est de Dubbo, dans le centre-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, alerte le média Nine. La police les soupçonne d’avoir été volées.

Selon le signalement reçu par les forces de l’ordre, la disparition s’est étalée entre avril 2025 et septembre 2026, soit sur une période de plus d’un an. Les brebis, d’âges mixtes, étaient en pleine laine au moment des faits. Elles portent toutes une marque à l’oreille, un M majuscule gravé au centre, parfois accompagnée d’une encoche d’âge découpée en haut de l’oreille opposée, qui peut aller d’aucune entaille jusqu’à trois.

Aux enchères, une brebis Merino se négocie entre 250 $ et 380 $ selon son âge et la qualité de sa laine.

La police de Mudgee lance un appel à témoins

Les Rural Crime Investigators, rattachés à la Rural Crime Prevention Team de l’Orana Mid-Western Police District, ont ouvert une enquête et entamé des recherches pour localiser le troupeau. Les investigations se poursuivent.

La police demande aux propriétaires terriens et à toute personne disposant d’informations de contacter les enquêteurs par l’intermédiaire du poste de police de Mudgee, ou de s’adresser à Crime Stoppers au 1800 333 000 ou sur son site internet. Les informations transmises restent confidentielles. La police rappelle par ailleurs de ne pas signaler d’éléments via ses propres réseaux sociaux.

Cette enquête intervient quelques jours après l’arrestation de quatre hommes dans l’ouest de Sydney, inculpés pour la mort présumée de deux brebis croisées et le vol de trois agneaux croisés dans une propriété de Mullion Creek, près d’Orange.

Un phénomène difficile à chiffrer en Australie

Mesurer l’ampleur du vol de bétail reste compliqué dans le pays, en raison notamment de l’isolement géographique où ces disparitions se produisent. Kyle J.D. Mulrooney, professeur associé en criminologie à l’Université de Nouvelle-Angleterre, note dans un article écrit pour The Conversation que le bétail des grandes propriétés peut rester sans surveillance pendant des semaines, ce qui empêche souvent un éleveur de dater précisément un vol. Il écrit que la réponse honnête est qu’on ne peut pas affirmer avec certitude si la criminalité agricole augmente.

L’Australie ne dispose d’aucune base de données nationale cohérente pour suivre ces vols dans le temps, ajoute Mulrooney, et les chiffres de la police n’incluent que les infractions signalées et enregistrées. Cela laisse, selon lui, la criminalité agricole sous-comptée dans les statistiques officielles et moins visible dans les décisions concernant les ressources policières, les agents spécialisés et le financement de la prévention.

D’autres exploitations ont été touchées à plus grande échelle encore : plus tôt en 2026, 5 500 moutons ont disparu d’une propriété près de Blackall, dans le centre-ouest du Queensland. En Victoria, le meurtre en avril d’un fermier ayant récemment signalé des vols de moutons a nourri les craintes qu’un réseau organisé cible spécifiquement les troupeaux Merinos dans l’État.

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