L’épargne salariale est reconnue comme pertinente par 86 % des dirigeants de TPE-PME, et 73 % envisagent de la mettre en place dans les douze prochains mois. Pourtant, 75 % la jugent complexe à déployer. Ce paradoxe, révélé par une étude OpinionWay pour Gedeon menée fin septembre 2026 auprès de 303 décisionnaires d’entreprises de 2 à 249 salariés révèle un enjeu managérial profond : transformer la culture interne et renforcer les compétences pour franchir le pas.
L’épargne salariale : 86 % des dirigeants reconnaissent la pertinence, mais 75 % se sentent dépassés
Les dirigeants de petites structures perçoivent clairement l’intérêt stratégique de l’épargne salariale. Selon l’étude OpinionWay-Gedeon publiée le 20 octobre 2026, 86 % d’entre eux estiment qu’un dispositif d’épargne salariale est pertinent pour une petite structure. Julien Jacquemin, CEO de Gedeon, souligne que « pendant des années, l’épargne salariale a été pensée pour les grandes entreprises. La loi sur le partage de la valeur change complètement la donne : des dizaines de milliers de PME doivent désormais s’équiper ».
Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés réalisant un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois années consécutives doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Environ 17 500 entreprises sont directement concernées, selon la Dares. Pourtant, malgré cette obligation légale et l’adhésion théorique des dirigeants, 75 % d’entre eux jugent la mise en place complexe.
Un signal d’alerte : la complexité perçue révèle un manque de compétences internes
La difficulté première identifiée par 42 % des répondants concerne l’évaluation du coût pour l’entreprise. Au-delà de la dimension financière, ce frein traduit une méconnaissance des mécanismes d’épargne salariale et une absence de ressources internes qualifiées pour piloter le projet. Les TPE-PME ne disposent généralement ni de DRH dédié ni d’expert en rémunération globale. Résultat : la complexité perçue devient un prétexte au statu quo.
Les disparités selon la taille d’entreprise sont révélatrices. Dans les entreprises de 2 à 9 salariés, 41 % des dirigeants estiment manquer d’accompagnement, contre 27 % dans la tranche 10-49 salariés. Cette différence illustre l’isolement des micro-entreprises face à des dispositifs conçus historiquement pour des structures plus grandes. Comme le soulignent Gedeon et OpinionWay dans leur communiqué, « l’enquête met en lumière un paradoxe : les dirigeants perçoivent les bénéfices de l’épargne salariale et sont nombreux à envisager de franchir le pas, mais peinent encore à identifier et à mettre en œuvre une solution adaptée à leur entreprise ».
73 % des dirigeants envisagent la mise en place
Malgré les obstacles, 73 % des dirigeants envisagent de mettre en place un dispositif d’épargne salariale dans les douze prochains mois. Ce chiffre grimpe à 87 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés, directement concernées par l’obligation légale. L’épargne salariale n’est plus un « gadget » réservé aux grandes entreprises, mais un levier de rétention et d’engagement devenu incontournable. Le PERECO (Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Collectif), successeur du PERCO depuis 2020, offre un cadre fiscal avantageux pour les employeurs comme pour les salariés. Les versements de l’entreprise sont exonérés de cotisations sociales dans certaines limites, et les salariés bénéficient d’une fiscalité attractive sur les sommes épargnées.
L’épargne salariale constitue un outil de fidélisation puissant. Dans un contexte de tension sur le marché du travail, offrir un dispositif de partage de la valeur envoie un signal fort aux salariés : leur contribution à la performance de l’entreprise est reconnue et récompensée. Ce levier RH renforce le sentiment d’appartenance et l’engagement, particulièrement dans les petites structures où la proximité managériale joue un rôle clé.


