Selon Ashley, éboueur britannique connu sous le pseudonyme « The No1 Binman » sur TikTok, où il s’est imposé comme une sensation virale auprès de 217 000 abonnés, ce n’est pas recyclable parce qu’il a été trop décomposé, que cela demande trop d’efforts et coûte trop cher à recycler dans les bacs de recyclage normaux, et qu’il ne faut donc pas le mettre dedans.
Son message est sans détour : il faut cesser de jeter le papier déchiqueté dans la poubelle de recyclage dédiée au papier.
Dans ses publications, Ashley est présenté comme le numéro un des éboueurs du Royaume-Uni. Il s’attaque à une habitude répandue dans les foyers britanniques, qui consiste à considérer le papier déchiqueté comme n’importe quelle feuille ordinaire, recyclable sans réfléchir une seconde.
Le papier déchiqueté complique le travail des éboueurs
Ashley décrit les conséquences concrètes de cette méprise sur sa tournée : quand on le déverse par temps froid, venteux et humide, il se répand partout, et on doit ensuite essayer de le ramasser au sol en le balayant, tout colle au sol, ce qui est horrible, raconte l’éboueur.
Techniquement, le déchiquetage fragilise les fibres du papier, ce qui pose problème dans les usines de pâte à papier : certaines ne peuvent tout simplement pas le traiter, au risque de générer des pannes et des incendies. Résultat, de nombreuses autorités locales refusent purement et simplement de le collecter, alors même qu’il a l’air, en apparence, parfaitement recyclable.
Sa recommandation est claire : jeter le papier déchiqueté dans la poubelle d’ordures ménagères générales, puisqu’il ne peut de toute façon pas être recyclé dans la plupart des cas. Si la commune l’accepte malgré tout, Ashley conseille un geste simple pour éviter qu’il ne s’envole lors de la collecte : le mettre dans un sac Primark ou quelque chose comme un sac en papier pour qu’il ne se disperse pas partout.
Selon Recycle for Greater Manchester, le papier déchiqueté reste « l’un de ces articles délicats qui créent souvent de la confusion en matière de recyclage ». L’organisme indique qu’une petite quantité peut malgré tout être placée dans le bac papier à domicile, à condition de la regrouper dans une boîte en carton ou une enveloppe pour éviter qu’elle ne s’échappe à l’air libre.
Quand la collecte locale ne l’accepte pas, plusieurs solutions existent. Le déposer dans un point de collecte de papier reste possible. Il peut aussi finir, s’il n’est pas glacé, au fond du bac de déchets alimentaires, où il absorbe les liquides et limite les écoulements. Le compost domestique constitue une autre option, à condition que le papier ne soit ni coloré ni brillant, ces finitions pouvant contenir des produits chimiques nocifs pour les plantes.
Recycle for Greater Manchester suggère également de lui donner une seconde vie ailleurs que dans les bacs : litière pour petits animaux, emballage protecteur pour l’envoi de colis, paillis de jardin ou encore matière première pour le papier mâché. Pour les documents confidentiels, l’organisme recommande de passer par un service professionnel de déchiquetage plutôt que par le circuit domestique.
Au fond, le problème dépasse le seul cas du papier déchiqueté. Beaucoup de foyers partent du principe que tout ce qui n’est pas un déchet général peut rejoindre le bac de recyclage, qu’il s’agisse de papier, de plastique, de métal ou de verre. Les normes varient pourtant fortement d’une collectivité à l’autre au Royaume-Uni, ce qui explique en partie la confusion persistante autour de ce type de déchet en apparence anodin.


