Un bourdonnement secret trouble la Terre depuis 50 ans, les scientifiques auraient enfin identifié sa source

Depuis 50 ans, le mystérieux « Hum » intrigue scientifiques et riverains. Une étude allemande révèle enfin une piste sérieuse : et si ce bourdonnement venait de votre propre oreille ?

Publié le
Lecture : 2 min
Un bourdonnement secret trouble la Terre depuis 50 ans, les scientifiques auraient enfin identifié sa source
Un bourdonnement secret trouble la Terre depuis 50 ans, les scientifiques auraient enfin identifié sa source © RSE Magazine

Le bourdonnement de basse fréquence que certaines personnes disent entendre, sans qu’aucune source extérieure ne soit identifiable, trouverait au moins en partie son origine dans l’oreille elle-même. C’est la conclusion d’une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS One, qui pointe un acouphène de basse fréquence produit par le système auditif comme explication probable de ce phénomène surnommé « the Hum ».

L’équipe, dirigée par le scientifique auditif Bonifaz Baumann, du Centre allemand pour les troubles vestibulaires et de l’équilibre (DSGZ), a recruté 28 volontaires via une campagne sur les réseaux sociaux. Tous rapportaient avoir vécu ces perceptions sonores de basse fréquence, scientifiquement désignées sous le sigle LFSPs. Les chercheurs ont testé deux hypothèses majeures : une audition anormalement sensible aux basses fréquences, ou la perception de sons produits par le corps lui-même.

Premier test

Un examen auditif standard axé sur les basses fréquences. Résultat, seuls deux des 28 participants présentaient une sensibilité particulièrement élevée dans cette gamme. Markus Drexl, neuroscientifique au DSGZ et à l’université norvégienne de sciences et technologie (NTNU), auteur principal de l’étude, a expliqué dans un communiqué de presse que même si le groupe testé était petit, cela signifiait tout de même que l’hypothèse d’une audition particulièrement bonne pour les sons de basse fréquence ne se vérifiait pas pour la plupart des gens.

Second test

Les chercheurs ont mesuré les émissions otoacoustiques des participants, ces sons produits par la cochlée elle-même, à l’aide de microphones miniatures descendus dans le canal auditif. Cet équipement sert habituellement à évaluer la santé auditive. Aucune anomalie n’a été détectée. Drexl a précisé que la plupart d’entre nous n’entendons pas ces sons, mais que quelques personnes peuvent réellement entendre les sons que l’oreille elle-même produit.

Faute d’audition exceptionnelle et d’émissions otoacoustiques mesurables, il ne restait qu’une piste : l’acouphène. Sur la base de leurs résultats, les chercheurs écrivent que, bien qu’ils n’aient pas exclu des cas de sources sonores physiques externes, ils suggèrent que l’acouphène subjectif dans la gamme des basses fréquences est souvent la cause des perceptions de pulsations sonores de basse fréquence.

Drexl insiste sur les limites des connaissances actuelles, expliquant que ce que nous savons du système auditif repose principalement sur la manière dont nous captons et traitons les sons à hautes fréquences, et que nous en savons moins sur la façon dont le système auditif gère et traite les sons à basse fréquence, ou infrasons.

Un phénomène signalé depuis les années 1970

Le Hum a émergé dans le discours public à Bristol, au Royaume-Uni, au tout début des années 1970. Les habitants, irrités par ce bruit nocturne, écrivaient des lettres de plainte au journal local, le Bristol Evening Post. Plusieurs théories avaient circulé à l’époque, selon la BBC :

  1. bruit d’usine
  2. pylônes électriques
  3. acouphène
  4. soucoupes volantes
  5. projet gouvernemental secret

Le phénomène s’est ensuite propagé à d’autres villes côtières britanniques, Hythe, Plymouth, Southampton et Swansea, avant d’atteindre Londres, puis les États-Unis, à Taos puis à Kokomo.

D’autres pistes avaient été avancées au fil des décennies : en 1973, lors d’une conférence de l’Institute of Biology, des experts évoquaient le cisaillement du jet-stream contre des masses d’air plus lentes, selon The Guardian. En 2015, une équipe française avait pointé les vagues continues de l’océan. Le World Hum Database Project, qui recense les signalements depuis 2012, en comptabilise plusieurs centaines, concentrés principalement en Europe et aux États-Unis.

Recatégoriser certains cas de Hum comme une forme d’acouphène ne rend pas l’expérience moins réelle. Les causes de ce trouble restent inconnues de la science et il n’existe aucun remède, mais des interventions existent déjà pour aider les personnes concernées à mieux vivre avec.

Laisser un commentaire