Médicaments : 8 200 tonnes gaspillées, les laboratoires s’engagent

Chaque année, la France collecte et incinère 8 200 tonnes de médicaments. L’ANSM a invité 14 laboratoires à participer à un projet innovant visant à réduire ce gaspillage en prolongeant la durée de conservation de 73 médicaments courants.

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Médicaments : 8 200 tonnes gaspillées, les laboratoires s’engagent © RSE Magazine

Chaque année, 8 200 tonnes de médicaments sont collectées et incinérées en France. L’ANSM invite 14 laboratoires à participer à une initiative pionnière de réduction du gaspillage : prolonger la durée de conservation de 73 médicaments courants. Une démarche qui positionne la responsabilité sociétale des entreprises au cœur de la stratégie pharmaceutique.

8 200 tonnes par an : le gaspillage pharmaceutique en France

En 2025, Cyclamed a collecté 8 200 tonnes de médicaments non consommés destinés à l’incinération. Ce chiffre révèle une inefficience structurelle du système pharmaceutique français. La plupart des médicaments ont une durée de conservation de deux à trois ans, et moins de 10 % atteignent cinq ans. Ces délais courts entraînent la destruction de nombreux médicaments encore efficaces.

L’Assurance maladie doit supporter un coût de 517 millions d’euros chaque année à cause des médicaments non utilisés. En plus d’un enjeu financier, l’impact environnemental est préoccupant : incinération, émissions de carbone, pollution liée à la production et au transport de médicaments remplacés prématurément. Pour les entreprises pharmaceutiques, réduire ce gaspillage devient une priorité RSE.

L’initiative ANSM : les laboratoires face à la RSE

Lancée en novembre 2025 lors de la COP30, l’initiative « Longue vie aux médicaments » marque un tournant stratégique. L’ANSM propose à l’industrie de réévaluer scientifiquement les durées de conservation, sans changer la composition ni le conditionnement. L’ANSM indique que « ces durées relativement courtes entraînent la destruction inutile de milliers de boîtes », tout en garantissant l’efficacité et la sécurité pour les patients.

Ce projet s’étend sur cinq ans, avec des points annuels pour octroyer progressivement de nouvelles autorisations. L’appel à candidatures reste ouvert jusqu’au 30 avril 2027, offrant aux entreprises l’opportunité de s’engager dans cette dynamique RSE.

Composition inchangée, impact transformé : le modèle de l’ANSM

L’approche de l’ANSM repose sur un principe pragmatique : prolonger sans révolutionner. Les médicaments conservent leur composition chimique, leur forme galénique et leur conditionnement. Seule la durée de conservation change, basée sur des études de stabilité réalisées en conditions réelles. Les laboratoires doivent prouver que le principe actif reste stable, qu’aucun produit de dégradation toxique n’apparaît et que les caractéristiques physico-chimiques demeurent conformes.

Aucune modification d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) n’est nécessaire au-delà de l’extension de durée. Les patients continuent de bénéficier des mêmes garanties de sécurité et d’efficacité, tout en contribuant indirectement à la réduction du gaspillage. Ce modèle pourrait être étendu à d’autres classes thérapeutiques.

Vers une industrie pharmaceutique plus responsable

L’engagement de 14 laboratoires dans l’initiative ANSM constitue une avancée importante. Réduire 8 200 tonnes de déchets annuels, économiser 517 millions d’euros, diminuer l’empreinte carbone : les enjeux dépassent le cadre réglementaire et participent à une transformation plus large des modèles économiques. Les entreprises intégrant cette dynamique RSE renforcent leur légitimité auprès des professionnels de santé, des patients et des investisseurs sensibles aux critères ESG.

Il reste à observer l’évolution du projet jusqu’en 2031, date butoir du calendrier initial. D’autres laboratoires rejoindront-ils l’initiative avant la clôture de l’appel à candidatures en avril 2027 ? L’extension à d’autres médicaments au-delà des 73 actuels sera-t-elle envisagée ? La sécurité sanitaire et la traçabilité resteront des priorités absolues dans cette évolution.

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