Une découverte en Oregon plus vieille que la Grande Pyramide d’Égypte remet l’histoire en question

Un racloir en agate, du sang de bison séché et 18 250 ans d’histoire cachés sous des cendres volcaniques : ce site de l’Oregon pourrait réécrire l’arrivée des premiers hommes en Amérique.

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Une découverte en Oregon plus vieille que la Grande Pyramide d'Égypte remet l'histoire en question
Une découverte en Oregon plus vieille que la Grande Pyramide d’Égypte remet l’histoire en question © RSE Magazine

Un abri sous roche isolé dans les montagnes de l’Oregon, baptisé Rimrock Draw, pourrait avoir accueilli des habitants humains il y a environ 18 250 ans, rapporte le Daily Mail. Cette date dépasse largement celle retenue jusqu’ici par les scientifiques pour l’arrivée des premiers Américains sur le continent.

Si elle se confirme, cette occupation ferait de Rimrock Draw l’un des sites les plus anciens connus en Amérique du Nord, avec un âge représentant environ quatre fois celui de la Grande Pyramide d’Égypte. La découverte, menée par des chercheurs de l’université de l’Oregon, repose sur deux racloirs en pierre soigneusement façonnés dans l’agate orange, une variété de quartz.

Les outils ont été retrouvés sous une couche de cendres volcaniques issues d’une éruption du mont Saint Helens, survenue il y a plus de 15 000 ans.

La datation au radiocarbone a porté sur de l’émail dentaire de chameaux et de bisons éteints, découverts à proximité, donnant un âge d’environ 18 250 ans. Comme les outils gisaient sous ces restes, les chercheurs en déduisent qu’ils sont encore plus anciens.

L’un des deux racloirs conservait des traces de sang de bison, signe qu’il avait servi à dépecer un animal avant d’être abandonné sur place. Ces résultats n’ont pas encore fait l’objet d’une relecture par les pairs. Ils avaient déjà été publiés une première fois en 2023, avant de ressurgir dans l’actualité grâce à une vidéo diffusée un mercredi sur la chaîne YouTube Blood Memory, consacrée aux origines des premiers peuples.

La théorie du corridor sans glace remise en question

Cette datation contredit directement l’idée selon laquelle les premiers habitants de l’Amérique du Nord auraient traversé depuis l’Asie via un corridor libre de glace, il y a environ 13 000 ans. Elle vient au contraire nourrir une hypothèse concurrente, celle d’une migration plus ancienne le long de la côte Pacifique, avant même que la route intérieure ne devienne praticable.

Patrick O’Grady, archéologue à l’université de l’Oregon qui dirige les travaux de terrain sur le site, dit avoir été surpris par ces résultats. Il a confié que l’identification de cendres volcaniques vieilles de 15 000 ans avait été un choc. Il ajoute que la suite a été plus déroutante encore, les datations de 18 000 ans obtenues sur l’émail dentaire, avec des outils en pierre et des éclats en dessous, s’étant révélées encore plus surprenantes.

Pour David Lewis, professeur d’anthropologie à l’université d’État de l’Oregon et membre de l’équipe de recherche, cette ancienneté fait écho aux récits transmis oralement par les nations tribales de la région. Dans un communiqué, il explique que cette datation concorde bien avec les histoires orales des nations tribales de la région, dont beaucoup racontent avoir été témoins d’événements géologiques comme les inondations de Missoula, une série d’événements qui a tout changé pour les tribus entre 18 000 et 15 000 ans.

Ces tribus rapportent aussi des rencontres avec des animaux géants et des monstres sur leurs terres. Selon Lewis, les preuves de Rimrock Draw suggèrent une interaction bien réelle avec cette mégafaune, devenue par la suite des personnages dans les récits d’avant la mémoire.

D’autres vestiges découverts plus tôt dans l’année 2026 en Oregon vont dans le même sens. Des morceaux de peau animale cousus ensemble, datés de la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 12 000 ans, ont été mis au jour dans plusieurs grottes sèches de la région du Great Basin, dans le nord de l’État.

Ces objets, préservés grâce à la sécheresse des lieux, laissent penser que les humains d’Amérique du Nord maîtrisaient déjà des techniques élaborées de travail des peaux, des plantes et du bois, bien avant l’édification de la Grande Pyramide d’Égypte.

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