Le recul reste insuffisant, mais il est plus marqué que prévu. C’est le constat d’une récente publication du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. Les données montrent une baisse nette des émissions, mais les efforts actuels ne suffiront pas à atteindre les objectifs de la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3).
Ce que montrent les chiffres des émissions de GES
Les derniers chiffres dressent un tableau en demi-teinte. En 2022, la France a réduit ses émissions de 6,8 %, puis de 3,9 % en 2023. Pour 2024 et 2025, le Citepa prévoit des baisses de 3 % et 2,1 %. Ces estimations sont plus optimistes que les prévisions antérieures, qui tablaient sur 1,8 % en 2024 et 1,5 % en 2025.
Mais dès 2026, il faudra accélérer nettement. Les experts du Citepa estiment qu’il faudra viser des réductions de 5 à 6 % par an pour tenir la trajectoire. Selon le Citepa, « si le rythme de cette réduction urgente des émissions ralentit par rapport aux années 2022 et 2023, les résultats restent plus favorables que ceux anticipés par la dernière estimation. » Cette progression reste pourtant insuffisante, comme le rappelle Jean Jouzel, qui insiste sur l’urgence d’agir.
Le volet économique et environnemental
La décarbonation rapide compte pour le climat comme pour l’économie nationale, surtout face à la baisse de l’absorption de CO2. Anne Bringault, du Réseau action climat, souligne sur TF1 que réduire la dépendance aux importations de pétrole et de gaz fossile renforce la souveraineté économique. Si la France maintient un rythme élevé de réduction, le ministère de la Transition écologique estime qu’elle pourrait économiser de 22 à 39 milliards d’euros d’ici 2030 sur ses importations d’énergies fossiles.
Plusieurs secteurs doivent intensifier leurs efforts : les bâtiments, les transports, l’industrie manufacturière et le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP). Le Réseau action climat et d’autres experts insistent sur la nécessité de mesures cohérentes et rapides pour réduire les émissions et déployer des solutions durables, afin de limiter les conséquences climatiques à venir.
Un peu d’espoir pour la biodiversité marine
Une étude de la Wildlife Conservation Society (WCS) apporte une note positive pour les océans : elle recense environ 166 000 km² de récifs coralliens capables de se rétablir, soit trois fois plus que les estimations précédentes. Ces récifs dits « résilients » se trouvent dans 71 pays et plus de 100 territoires, notamment dans les Caraïbes ainsi que dans les océans Pacifique et Atlantique.
Reste que de nombreux scientifiques mettent en garde contre un déclin irréversible, sous l’effet de phénomènes extrêmes comme les tempêtes violentes ou le blanchissement massif lié à la hausse des températures océaniques.
La trajectoire actuelle doit s’adapter à l’urgence climatique. Jean Jouzel prévient : « les conséquences du réchauffement climatique vont s’amplifier, il y aura des phénomènes météorologiques extrêmes, des pluies intenses, des sécheresses à répétition, des cyclones de plus en plus violents. » Ces avertissements rappellent qu’il faut accélérer l’action climatique pour éviter les scénarios les plus graves.




