La Méditerranée affiche +7°C au-dessus des normales : les océanographes n’avaient jamais mesuré une telle anomalie à cette période

La Méditerranée se réchauffe à un rythme alarmant : +7 °C par rapport aux normales.

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La Méditerranée affiche +7°C au-dessus des normales : les océanographes n'avaient jamais mesuré une telle anomalie à cette période
La Méditerranée affiche +7°C au-dessus des normales : les océanographes n’avaient jamais mesuré une telle anomalie à cette période © RSE Magazine

La Méditerranée traverse un épisode de réchauffement inédit, lié aux températures élevées observées partout en France. Les mers autour de l’Hexagone affichent elles aussi d’importantes anomalies thermiques, qui amplifient la canicule frappant l’ensemble du pays.

La France touchée par une canicule hors norme

La France connaît une canicule inhabituelle pour la saison. La chaleur relevée sur terre se retrouve dans les eaux environnantes, avec des températures nettement au-dessus des normales.

  • Sont concernées la Méditerranée occidentale, le golfe de Gascogne, les Baléares, le golfe du Lion, la mer Tyrrhénienne, la Corse, ainsi que le littoral atlantique et les côtes françaises.
  • Sur le littoral atlantique, les températures varient entre 22 et 25 °C.
  • Dans la zone entre la Corse et le continent, elles atteignent 27 à 28 °C.
  • Les écarts les plus marqués se situent entre les Baléares, le golfe du Lion, la mer Tyrrhénienne et la Corse, avec des anomalies de +5 à +7 °C.
  • Même le golfe de Gascogne enregistre des anomalies de +2 à +4 °C.

Pourquoi ça chauffe et ce qu’on ressent

Un printemps anormalement chaud et un fort ensoleillement ont accumulé la chaleur dans les eaux. Cette surchauffe marine est aussi grave que la canicule à terre : les vagues de chaleur marine dépassent déjà celles relevées d’ordinaire en août, et cela dès la fin juin.

Concrètement, elle aggrave les effets de la canicule sur les zones côtières et maintient des températures nocturnes élevées, ce qui laisse peu de répit la nuit. L’eau plus chaude s’évapore davantage, ce qui charge l’air en vapeur et peut alimenter des orages, à l’inverse du phénomène d’upwelling capable de refroidir temporairement les eaux.

Témoignages et regards scientifiques

Les témoignages se multiplient. Un baigneur à Marseille raconte à franceinfo : « Je n’ai jamais vu ça, clairement. Depuis 2-3 ans, on monte très facilement à des 28 °C, 29 °C. » Un pêcheur sous-marin remarque une différence de température moins nette en profondeur : « Quand je vais sous l’eau, normalement, au bout de 2-3 mètres, je sens directement une différence de température. Mais là, je la sens de moins en moins. »

Sur le long terme, Jean-Michel Grisoni, ingénieur de recherche au CNRS et océanographe, replace la situation dans la dynamique du changement climatique : « La canicule, c’est une période assez courte. Le changement climatique, c’est une période un peu plus longue. On a donc une évolution continue. » Les relevés de scientifiques comme Laurent Berguery, de l’entreprise Alseamar, montrent les effets durables de ces canicules marines, souvent comparées à « un feu de forêt dans la mer ».

Ce que ça fait aux écosystèmes marins

Les conséquences pour la vie marine inquiètent. Le plancton, à la base de la chaîne alimentaire, souffre de ces températures extrêmes et ne peut pas migrer pour fuir la chaleur. Le suivi de l’état de santé des espèces sous-marines par les chercheurs devient indispensable.

La mer plus chaude freine la formation de la brise marine habituelle et prive les côtes de leur rafraîchissement naturel. Elle peut aussi entraîner des nuages d’orage aux abords du continent. À mesure que le débat sur le changement climatique gagne du terrain, cette surchauffe rappelle le besoin de réponses coordonnées face aux dérèglements en cours.

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