En Patagonie, un milliard de mouches sont lâchées chaque saison pour sauver les vergers

Découvrez comment la Patagonie lutte avec succès contre la mouche des fruits grâce à des techniques innovantes.

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En Patagonie, un milliard de mouches sont lâchées chaque saison pour sauver les vergers
En Patagonie, un milliard de mouches sont lâchées chaque saison pour sauver les vergers © RSE Magazine

Sur la scène phytosanitaire, la Patagonie argentine lutte contre la mouche méditerranéenne des fruits, l’un des principaux ravageurs de l’agriculture. La région est reconnue depuis plus de vingt ans comme zone exempte de la mouche des fruits et s’appuie aujourd’hui sur des méthodes plus respectueuses de l’environnement, dont la Technique de l’adulte froid (TAF). Ce statut lui permet de se positionner sur le marché international en réduisant les contraintes sanitaires qui pèsent souvent sur les exportations agricoles.

Surveillance renforcée et innovations technologiques

L’Argentine surveille environ 200 000 hectares en Patagonie. Le réseau compte 1 819 pièges, placés pour repérer la moindre présence de la mouche méditerranéenne, Ceratitis capitata. Le but : détecter toute incursion et conserver le statut d’« Aire exempte de la mouche des fruits ». Sur 17 000 hectares, qui couvrent le Valle Medio et l’Alto Valle de Río Negro et Neuquén, les équipes déploient la méthode TIS et la TAF, avec des lâchers réguliers d’insectes stériles.

La TAF, mise en œuvre sur environ 17 000 hectares, fait émerger les mouches stériles à une température contrôlée pour les relâcher dans de bonnes conditions physiologiques. Plus efficace que les méthodes classiques, elle réduit aussi l’utilisation d’insecticides, ce qui profite à l’environnement.

Qui fait tourner la machine

La Comisión de Sanidad Vegetal de la Fundación Barrera Zoofitosanitaria Patagónica (Funbapa) pilote ces programmes, avec le Servicio Nacional de Sanidad y Calidad Agroalimentaria (SENASA). Alejandro Musi, sous-coordonnateur du programme, en assure la coordination et résume l’esprit du travail : « Nous ne sommes pas des chercheurs ni des développeurs ; nous sommes des ingénieurs dédiés au travail de terrain… »

Depuis 2025, les producteurs financent eux-mêmes ces initiatives, grâce à un canon sanitaire prélevé sur les fruits destinés à l’exportation, mais aussi au marché intérieur et à l’industrie. Ce mode de financement traduit la volonté du secteur de gagner en compétitivité.

Retombées économiques et reconnaissance internationale

La reconnaissance de ce statut par les États-Unis et la Chine en 2020 donne à la Patagonie un atout réel : elle lui évite des traitements de quarantaine coûteux, qui dégradent souvent la qualité des fruits et alourdissent la logistique. Résultat, les exportations de pommes, de poires et surtout de cerises progressent vers ces deux marchés exigeants.

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