Pourquoi une zone au sud du Groenland refuse de se réchauffer alors que tout l’Atlantique bat des records de chaleur : les océanographes s’inquiètent

Une zone froide au sud du Groenland pourrait bouleverser le climat européen.

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Pourquoi une zone au sud du Groenland refuse de se réchauffer alors que tout l'Atlantique bat des records de chaleur : les océanographes s'inquiètent
Pourquoi une zone au sud du Groenland refuse de se réchauffer alors que tout l’Atlantique bat des records de chaleur : les océanographes s’inquiètent © RSE Magazine

Au sud du Groenland, dans l’Atlantique Nord, une zone océanique se comporte différemment du reste. Alors que la plupart des mers enregistrent des records de chaleur, cette région reste froide : c’est la « tache froide » (ou « Cold blob »), alerte Sud Ouest. Cette anomalie pourrait avoir de lourdes conséquences pour le climat européen.

Une anomalie qui intrigue au sud du Groenland

Cette « tache froide » intrigue les climatologues. On l’appelle aussi « anomalie froide » ou « blob froid », et elle contredit le réchauffement observé ailleurs. Des chercheurs de l’Institut de Potsdam, en Allemagne, ont étudié le sujet et avancent plusieurs explications. D’après leurs travaux, un affaiblissement de la circulation thermohaline serait en cause.

La circulation méridienne de l’Atlantique, souvent comparée à un vaste « tapis roulant d’eau », transporte la chaleur des tropiques vers les hautes latitudes. Si ce « tapis roulant » ralentit, moins d’eau chaude remonte vers le nord, ce qui explique le refroidissement local.

Ce que disent les hypothèses et les observations

Les chercheurs ont testé plusieurs pistes. La première supposait une perte de chaleur accrue en surface. La seconde pointait un moindre apport de chaleur par les courants. Les données récoltées penchent nettement pour la seconde : les pertes de chaleur en surface ont diminué, ce qui désigne un courant océanique affaibli.

Le réchauffement des eaux et la fonte des glaciers amplifient le dérèglement. Ils apportent de l’eau douce qui déséquilibre le système et perturbe l’AMOC. La circulation n’a pas cessé, mais son ralentissement des courants progressif pose la question de la résistance du climat européen.

Un point de bascule qui inquiète

Un ralentissement, ou pire, un effondrement de l’AMOC aurait des effets étendus. L’Europe pourrait connaître des hivers plus rudes, des régimes météorologiques bouleversés, des écosystèmes menacés et des risques pour la sécurité alimentaire. Les projections du programme CMIP6 indiquent que certains scénarios atteindraient ce point de bascule dès le milieu du siècle.

Depuis 2004, des mesures continues de la circulation océanique permettent de mieux suivre son évolution. Des relevés existent depuis 1955, mais les scientifiques estiment que l’historique reste trop court pour tout expliquer. Les données actuelles rejoignent une étude de 2025 et confirment une corrélation préoccupante entre la persistance de la tache froide et un AMOC affaibli.

Ce phénomène, bien que localisé, met en jeu des dynamiques planétaires. En comprendre l’évolution aide à anticiper des changements climatiques d’ampleur. La tache froide demande donc une attention suivie des chercheurs, des décideurs et du public, afin de préparer des mesures de prévention adaptées.

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