La Banque de France fabrique les billets en cherchant à réduire l’empreinte écologique de cette production, dans le cadre de ses missions de banque centrale. Elle imprime chaque année 2,5 milliards de billets, en euros et en devises étrangères, sur ses sites d’Auvergne : la papeterie fiduciaire de Vic-le-Comte et l’imprimerie de Chamalières. L’objectif est de limiter les nuisances environnementales tout en augmentant la capacité de production dans les années à venir.
Écologie et innovations
Pour préserver la biodiversité et diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, la Banque de France mise sur la modernisation et travaille sur l’impact environnemental. Bertrand Peyret, secrétaire général adjoint, a détaillé l’ampleur du chantier, en particulier l’introduction du coton 100 % biologique dans la composition des billets, relaye le 20 Minutes. Cette exigence, imposée par la Banque centrale européenne à partir de 2025, a déjà permis de diviser par deux l’empreinte carbone par rapport au coton conventionnel.
La Banque étudie aussi d’autres matériaux, comme le chanvre, le bois et le lin, pour remplacer une partie du coton dans la pâte à papier. Ces pistes doivent contribuer à une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 25 % d’ici 2028.
Modernisation des procédés industriels
Les changements ne portent pas que sur les matériaux. La Banque rénove aussi ses infrastructures et ses procédés industriels. La consommation d’énergie des sites de production a baissé de 18 % entre 2019 et 2025, et les émissions de gaz à effet de serre de 21 %. Sur le site de Vic-le-Comte, la consommation d’eau a été divisée par trois en vingt ans.
Le projet de regroupement des activités sur le site de Vic-le-Comte vise à gagner en efficacité opérationnelle et à mieux protéger les espaces naturels alentour. Bertrand Peyret a évoqué un « programme de conservation des espèces » lié aux travaux sur les sols et les forêts qui entourent le site.
La Banque de France, un grand nom de l’impression fiduciaire
Premier imprimeur de billets pour l’Eurosystème, la Banque de France imprime aussi pour une vingtaine de banques centrales en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Les Philippines, par exemple, reçoivent des billets fabriqués avec de l’abaca. Ces pays font appel à la sous-traitance parce qu’ils ne disposent pas de la technologie de sécurité ni des capacités industrielles nécessaires.



