Des travaux publiés dans la revue Nature Astronomy le 26 juin 2026 indiquent que Mars aurait autrefois abrité des systèmes magmatiques souterrains aussi complexes que ceux de la Terre. Leurs auteurs, Dr Tobermory Mackay-Champion et Jon Wade, bousculent les idées reçues sur l’évolution géologique de la planète, et plus largement sur celle des autres planètes rocheuses.
La géologie martienne mise sous la loupe
La mission exploration de Mars menée par la NASA, active de 2018 à 2022, a contribué à cette découverte grâce au sismomètre Seis, le premier instrument de ce type déployé sur Mars. Les données sismiques révèlent une structure complexe à environ 24 km sous la surface, dans l’hémisphère nord, comparable aux motifs polygonaux observés par Curiosity.
Pour les chercheurs, ce fonctionnement profond a permis l’accumulation et le recyclage de roche magmatique, un mécanisme proche de ce qu’on observe sous certains arcs volcaniques terrestres et signe d’une activité géologique continue. En simulant des centaines de scénarios à l’aide de modèles thermodynamiques et d’analyses statistiques, l’équipe conclut que la croûte martienne, longtemps tenue pour un « couvercle stagnant », était en réalité bien plus active qu’on le pensait.
Même sans tectonique des plaques, Mars semble donc capable de générer des systèmes magmatiques étendus, ce qui dépasse le seul cas de cette planète.
Ce que ça change pour l’habitabilité des planètes
La découverte change notre façon de penser l’habitabilité des planètes rocheuses. Jon Wade, relayé par le magazine Geo, déclare : « L’une des grandes questions de la science planétaire est de savoir si la Terre est unique. » Des systèmes géologiques complexes peuvent donc apparaître sans tectonique des plaques, ce qui invite à revoir les critères retenus pour chercher des exoplanètes potentiellement habitables.
Si Mars, souvent jugée géologiquement simple, a développé une telle complexité, alors des mondes considérés jusqu’ici comme inhospitaliers pourraient en fait offrir des conditions favorables à la vie, à l’image de son climat ancien.
Cette étude rejoint d’autres résultats récents qui modifient notre regard sur Mars. Le mois précédent, une vallée longue comme l’Italie avait été identifiée, ce qui appuie l’idée d’une géologie martienne autrefois très dynamique.
Ce qui vient ensuite
Dr Tobermory Mackay-Champion résume : « Cette découverte suggère que Mars a pu alimenter de vastes systèmes à longue durée de vie, où la roche en fusion a évolué et s’est recyclée à travers l’ensemble de la croûte. » Ce dynamisme conduit à revoir les modèles géologiques martiens et à remettre en cause l’idée selon laquelle des systèmes magmatiques complexes supposent forcément une tectonique active.




