Le réchauffement climatique pousse scorpions, cigales et geckos à coloniser des régions entières en quelques années

Les cigales chantent désormais au nord de la France, révélant une biodiversité en pleine mutation.

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Le réchauffement climatique pousse scorpions, cigales et geckos à coloniser des régions entières en quelques années
Le réchauffement climatique pousse scorpions, cigales et geckos à coloniser des régions entières en quelques années © RSE Magazine

Le réchauffement climatique se lit déjà dans la façon dont les espèces se déplacent à travers les villes françaises. Les cigales, longtemps associées au Sud, se font ainsi entendre de plus en plus au nord, ce qui traduit les changements écologiques en cours.

Les cigales remontent au-delà du Midi

Longtemps associées aux vacances dans le Midi, les cigales ne restent plus cantonnées à la Provence. On les entend désormais en Centre-Val-de-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté et en Île-de-France, où leur chant était rare jusqu’ici, explique le 20 Minutes. Cette progression vers le nord profite d’étés plus chauds, indispensables à l’éclosion des adultes, qui se développent sous terre avant d’émerger. La hausse des températures n’explique pas tout : les habitats favorables, les sols adaptés et la présence d’arbres comptent aussi.

Cette extension de l’aire de répartition montre que la carte de la faune française se modifie déjà sous l’effet du réchauffement, avec des conséquences pour la biodiversité locale. Adaptées à la chaleur, les cigales signalent ce changement par leur seul chant.

La mante religieuse et d’autres espèces bougent en douce

La mante religieuse suit le même chemin. Longtemps cantonnée aux régions méditerranéennes, elle est aujourd’hui bien installée en Bourgogne-Franche-Comté, en Île-de-France et jusqu’en Normandie. Des modèles annoncent une extension de son aire vers l’Europe centrale, mais le réchauffement ne lui profite que dans la limite de ses exigences écologiques : elle a besoin de milieux ouverts et de haies.

D’autres insectes méditerranéens, criquets et papillons, s’inscrivent dans la même dynamique. Dans le même temps, des espèces comme le papillon Apollon reculent lorsque leurs habitats deviennent trop chauds ou trop secs. Selon les chercheurs, près de 59 % des migrations d’espèces observées correspondent aux prévisions liées au réchauffement, signe que le vivant réagit de façon contrastée aux variations du climat.

Dans les rivières, la faune bouge aussi

Le déplacement des espèces ne touche pas que la terre ferme. Les cours d’eau français voient eux aussi leur faune se réorganiser, comme l’anticipe Météo-France pour les années à venir : des poissons méditerranéens remontent peu à peu les fleuves, alors que des espèces d’eau froide comme la truite fario voient leurs conditions de vie se dégrader. La température de l’eau monte et pousse des espèces méridionales à coloniser de nouveaux territoires. La mer Méditerranée, elle, se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale, et ce réchauffement entraîne le long des fleuves des changements profonds, parfois inattendus.

En Saône-et-Loire, les pêcheurs croisent désormais des poissons comme la bouvière et le spirlin. Ces populations se déplacent vite : elles gagnent des dizaines de kilomètres vers le nord à chaque décennie. On observe le même phénomène ailleurs en Europe, preuve qu’il dépasse le seul cadre local.

Des écosystèmes qui se recomposent, globalement

Ces exemples montrent que le changement climatique ne fait pas que désigner des gagnants et des perdants : il recompose des écosystèmes entiers. Une cigale qui s’installe ailleurs doit par exemple affronter de nouveaux prédateurs, et ses interactions avec le milieu se compliquent. Le climat n’agit d’ailleurs pas seul : l’urbanisation, l’agriculture et la fragmentation des habitats pèsent aussi, et les scientifiques débattent encore de leur poids respectif dans ces redistributions.

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