« J’ai piégé des frelons pendant 3 ans pour rien » : un apiculteur révèle ce qui fonctionne vraiment à partir de septembre

Jusqu’à 15 000 frelons par nid, figuiers pris d’assaut, jardins transformés en garde-manger géant. Le plan national débloque 3 millions d’euros, mais une éradication totale reste impossible. Les gestes qui changent tout, en septembre.

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« J'ai piégé des frelons pendant 3 ans pour rien » : un apiculteur révèle ce qui fonctionne vraiment à partir de septembre
« J’ai piégé des frelons pendant 3 ans pour rien » : un apiculteur révèle ce qui fonctionne vraiment à partir de septembre © RSE Magazine

En septembre, les colonies de frelon asiatique (Vespa velutina) atteignent leur point culminant de l’année. Selon les estimations disponibles, certains nids comptent encore quelques milliers d’individus, quand d’autres grimpent jusqu’à 5 000 à 15 000 frelons. Dans les jardins, cela se traduit par une forte présence autour des figuiers, des ruches et de tout ce qui traîne de sucré.

À cette période, la colonie change de priorité. Elle produit des mâles et surtout de futures reines, qui s’envolent pour se reproduire puis font des réserves avant l’hiver. Le carburant recherché n’est plus la protéine mais le sucre. Seules les femelles fécondées passeront l’hiver, avant de fonder de nouvelles colonies au printemps suivant.

Le figuier, principal point d’attraction du jardin

Ses fruits à peau fine, gorgés de sucre entre juillet et octobre, en font une source d’énergie idéale pour le frelon, selon des contenus de jardinage cités par le média La Provence. Quand les figues se fendent, tombent et fermentent, le figuier devient souvent l’arbre le plus visité du jardin. Pommiers, poiriers et pruniers sont concernés dès que leurs fruits sont abîmés ou blets.

L’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) rappelle qu’en fin de saison, les futures reines cherchent des ressources sucrées pour tenir jusqu’au printemps. Le geste recommandé : ramasser chaque jour les fruits tombés dès la mi-août, sans laisser de tas pourrir.

Compost, terrasses et lierre, les autres foyers de sucre

Le compost et les seaux à biodéchets forment un autre piège classique. Restes de fruits sucrés à l’air libre, coulures de jus au pied d’un composteur mal fermé attirent les frelons, mais aussi les mouches dont ils se nourrissent. Le site spécialisé SignalNids conseille d’enfouir les déchets de fruits sous une dizaine de centimètres de matière sèche, broyat ou feuilles mortes, ou d’utiliser un composteur hermétique.

Une table collante, un fond de verre de soda ou un seau mal rincé suffisent à guider une éclaireuse, qui reviendra ensuite accompagnée. Rincer tables et contenants après chaque repas dehors, vider bouteilles et canettes avant de les stocker, fermer correctement les poubelles : ces gestes simples changent la fréquentation du jardin.

Le lierre grimpant (Hedera helix) joue aussi un rôle en fin de saison. Sa floraison, entre fin septembre et octobre selon les régions, offre un nectar très sucré qui attire de nombreux insectes, frelons compris. Autour d’une terrasse ou d’une porte, il peut concentrer les visites. Mieux vaut le tailler sur les zones de passage avant cette période, sans l’arracher partout.

Piéger en septembre, une autre logique qu’au printemps

Au printemps, le piégeage vise à capturer les reines fondatrices avant qu’elles ne lancent une nouvelle colonie, à un moment où chacune doit construire seule son premier nid. L’UNAF situe cette période entre le 1er février et le 31 mai environ, dès que les températures dépassent 12°C.

En septembre, la donne change. Les nids sont déjà constitués et peuvent abriter un très grand nombre d’individus : capturer quelques ouvrières dans une bouteille ne suffit généralement pas à faire disparaître une colonie. La stratégie nationale de lutte distingue le piégeage printanier des fondatrices du piégeage automnal, destiné notamment à protéger les colonies d’abeilles, et prévoit la détection et la destruction des nids du printemps à l’automne.

Le piégeage systématique dans tous les jardins n’est pas recommandé : les pièges artisanaux, souvent une simple bouteille remplie de liquide sucré, capturent indistinctement guêpes, mouches, papillons et frelons. Des dispositifs plus sélectifs existent en 2026. Près d’un rucher, un piégeage adapté peut réduire la pression sur les abeilles ; dans un jardin, multiplier les pièges parce qu’on aperçoit quelques frelons n’est pas forcément utile, et un piège qui ne capture presque que d’autres insectes mérite d’être retiré.

Des allers-retours répétés vers un même point, une forte activité autour d’un arbre ou d’une haie, ou une structure sphérique visible dans la végétation trahissent souvent un nid actif, plus facile à repérer avec la chute des feuilles. Face à un nid occupé, mieux vaut ne pas le décrocher, le brûler ou y pulvériser un produit soi-même, mais rester à distance et faire appel à un professionnel.

Un plan national déployé depuis le 16 septembre

Le gouvernement a annoncé, le 16 septembre 2026, la mise en place du plan national de lutte contre le frelon asiatique, voté par le Parlement en 2025. L’arrêté portant adoption du plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) a été publié au Journal officiel, précisent conjointement le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Agriculture. Jusqu’ici, la lutte reposait sur les collectivités ou les acteurs concernés, sans organisation nationale globale.

Le texte classe les départements selon quatre niveaux d’exposition et instaure un pilotage national. Des déclinaisons départementales doivent être élaborées sous l’autorité du préfet, en lien avec les collectivités, les filières et les associations environnementales, dans un délai de six mois. L’objectif, selon les ministères, est d’organiser une lutte cohérente à l’échelle nationale, proportionnée à la pression sur les territoires et d’améliorer les connaissances sur l’espèce.

Une éradication complète du frelon n’est plus envisageable, précise le plan, qui mise donc sur la limitation de ses effets : destruction de nids, piégeage des fondatrices au printemps, dispositifs pour réduire le stress des abeilles. Le ministère de la Transition écologique prévoit une enveloppe exceptionnelle de 3 millions d’euros pour 2026.

Présent dans tous les départements hexagonaux depuis son introduction en 2004 dans le Lot-et-Garonne, probablement via des poteries importées de Chine, le frelon asiatique reste un grand prédateur des abeilles domestiques : il peut éliminer jusqu’à 30 à 50 % du cheptel apicole d’une exploitation. Il s’attaque aussi aux fruits mûrs, avec des conséquences pour l’arboriculture et la viticulture, et peut représenter un risque pour la santé humaine et la sécurité publique.

La loi de 2025 prévoyait également un système d’indemnisation des apiculteurs ayant subi des pertes économiques. Le gouvernement a précisé, le 16 septembre 2026, que ce dispositif constitue « un dispositif distinct du plan national de lutte ».

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