B Corp : L’Occitane en Provence réussit sa recertification renforcée

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B Corp : L’Occitane en Provence réussit sa recertification renforcée
© L’Occitane en Provence

Trois ans après sa première certification, L’Occitane en Provence passe sous le nouveau régime B Corp. La marque de cosmétiques annonce, le 22 septembre 2026, avoir obtenu sa recertification selon des standards de B Lab profondément remaniés. Derrière le label, l’enjeu se déplace : démontrer des résultats sur le travail équitable, les droits humains, le climat ou encore la circularité, puis continuer à progresser dans le temps.

L’Occitane en Provence face aux critères renforcés de B Corp

L’Occitane en Provence change de référentiel sans changer de cap affiché. Certifiée B Corp depuis 2023, la marque française a annoncé le 22 septembre 2026 sa recertification sous les nouveaux standards de B Lab. Cette étape intervient l’année de ses 50 ans et quelques jours après une communication du Groupe L’OCCITANE faisant état de l’avancement de plusieurs de ses entités dans le nouveau dispositif.

La principale rupture tient à la méthode d’évaluation. Le précédent modèle B Corp reposait largement sur un système de points. Le nouveau référentiel introduit des exigences obligatoires de performance dans sept domaines d’impact. L’entreprise ne peut donc plus compenser aussi facilement une faiblesse dans une dimension par de meilleures performances dans une autre : elle doit satisfaire aux exigences applicables dans chaque domaine concerné.

Ces sept champs couvrent la mission et la gouvernance des parties prenantes, le travail équitable, la justice, l’équité, la diversité et l’inclusion, les droits humains, l’action climatique, la gestion environnementale et la circularité, ainsi que les affaires publiques et l’action collective. Le cadre prévoit en outre des audits réalisés par des tiers indépendants et des contrôles périodiques.

Autrement dit, la certification entend davantage fonctionner comme une trajectoire que comme un examen ponctuel. L’OCCITANE Group évoque un cycle progressif de cinq ans. Les entreprises doivent donc continuer à apporter des preuves de progrès pour conserver leur statut.

Cette évolution explique le vocabulaire employé par le groupe lui-même. « Une activité responsable n’est jamais statique », déclare Raphaëlle Archambeaud-Sicot, directrice du développement durable du Groupe L’OCCITANE. La logique sous-jacente est celle d’une amélioration mesurable, documentée et régulièrement réévaluée.

Juste rémunération et équité salariale au cœur de la performance sociale

Le volet social constitue l’un des marqueurs les plus concrets avancés par L’Occitane en Provence. La marque dit avoir instauré une nouvelle politique de rémunération et d’avantages sociaux, intégrée à une stratégie globale de juste rémunération. À la date du 22 septembre 2026, 100% de ses employés bénéficient d’un salaire répondant aux critères d’un salaire décent et certifié par un tiers indépendant.

À l’échelle du Groupe, la démarche s’appuie sur une politique structurée autour de six piliers. Elle associe notamment certification du salaire décent, comparaison externe des niveaux de rémunération, analyse régulière des écarts salariaux, révisions structurées des salaires et amélioration de la transparence. Le Groupe précise que 100% des salariés appartenant au périmètre initial de son objectif bénéficient désormais d’un salaire décent certifié. Cette donnée de groupe ne doit cependant pas être confondue avec l’affirmation spécifique de la marque concernant ses propres salariés.

L’équité salariale prend parallèlement davantage de poids. L’Occitane en Provence indique satisfaire aux exigences de B Lab relatives aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et poursuivre ses actions en faveur de la transparence salariale. Le sujet ne disparaît pas avec la recertification : il figure au contraire parmi les axes sur lesquels l’entreprise dit vouloir encore progresser.

Le prochain terrain est la chaîne de valeur. La juste rémunération chez les fournisseurs fait partie des priorités annoncées pour la suite. Elle rejoint une évolution plus large des standards B Corp : l’évaluation ne s’arrête plus aux politiques internes mais cherche à documenter la manière dont les engagements sociaux et environnementaux irriguent les opérations, les achats et les relations commerciales.

L’Occitane en Provence renforce achats responsables et empreinte carbone

Côté fournisseurs, le programme d’achats responsables #NotJustSuppliers sert de colonne vertébrale. Il prévoit l’adhésion au code de conduite du Groupe, des évaluations EcoVadis, l’intégration de critères RSE dans la sélection des partenaires, des démarches de traçabilité et l’identification des risques portant notamment sur les droits humains, la biodiversité et le carbone. Les plans d’action et les progrès des fournisseurs sont ensuite examinés tous les trois mois.

L’environnement constitue l’autre chantier majeur. La marque indique avoir fait auditer son empreinte carbone par un tiers externe afin de renforcer la robustesse de ses données, en complément de son évaluation interne. Elle travaille également sur les filières de récupération et de recyclage de ses différents marchés afin d’adapter les dispositifs aux infrastructures locales.
Les données disponibles à l’échelle du Groupe donnent une idée de l’ampleur opérationnelle de cette politique de circularité. Le programme de collecte des emballages vides fonctionne dans près de 86% des magasins détenus en propre. Plus de cinq millions de recharges ont par ailleurs été vendues par les marques du Groupe pendant l’exercice 2026.

The Fashion Issue, qui s’appuie sur le rapport ESG FY2026 du Groupe, précise que L’Occitane en Provence propose environ 30 options de recharge. La publication rapporte également environ 5,2 millions d’emballages collectés dans le cadre du dispositif en magasin pendant l’exercice 2026, contre 4,9 millions lors de l’exercice précédent. Ces volumes illustrent une progression, mais ils ne renseignent pas à eux seuls sur la part effectivement recyclée ni sur l’impact environnemental complet des dispositifs, deux dimensions distinctes de la collecte.

Le bilan climatique du Groupe offre, lui aussi, une lecture plus contrastée que le seul passage de la certification. Les émissions totales déclarées sont passées de 474.559 tonnes équivalent CO2 pendant l’exercice 2025 à 452.154 tonnes pendant l’exercice 2026, soit une diminution d’environ 5%, selon The Fashion Issue, qui reprend le rapport ESG du Groupe. Dans le même temps, les émissions opérationnelles directes ont progressé de 24 %, tandis qu’environ 99% de l’empreinte climatique du Groupe provenait de sa chaîne de valeur.

Ces données permettent de replacer la recertification dans une perspective RSE plus large. Une baisse de l’empreinte globale peut coexister avec la hausse de certaines catégories d’émissions. Surtout, lorsque près de 99% de l’empreinte se situe dans la chaîne de valeur, selon les données rapportées par The Fashion Issue, les achats responsables, le choix des matières, les emballages, la logistique ou encore l’usage des produits deviennent mécaniquement des leviers centraux.

B Corp, une certification qui impose de progresser

L’Occitane en Provence refuse d’ailleurs de présenter cette recertification comme une ligne d’arrivée. « Les nouveaux standards B Corp™ élèvent le niveau d’exigence, et nous accueillons cette évolution comme une opportunité de continuer à progresser. Pour L’Occitane en Provence, la recertification n’est pas un aboutissement : elle nous permet de mesurer nos avancées, d’identifier les domaines dans lesquels nous devons encore progresser et de poursuivre notre transformation dans la durée », déclare Raphaëlle Archambeaud, Chief Sustainability Officer de L’Occitane en Provence.

La temporalité du nouveau système rend cette formulation particulièrement concrète. La Maison annonce déjà deux prochaines échéances d’évaluation, en 2029 puis en 2031. Entre-temps, elle devra documenter ses avancées dans chacun des sept domaines d’impact retenus par B Lab. Plusieurs chantiers sont identifiés. L’entreprise veut approfondir la transparence salariale et la juste rémunération au sein de sa chaîne d’approvisionnement, accélérer la circularité des matériaux et réduire les consommations d’eau et d’énergie, notamment dans ses sites de production. Elle prévoit également de développer la formation des salariés aux enjeux du climat et de la biodiversité.

La marque doit enfin porter ce message au-delà de son organisation. Le 22 septembre 2026, elle a prévu de présenter cette étape à PlanetHAUS pendant la Climate Week de New York, lors d’un échange consacré à l’évolution des standards B Lab et au rôle des entreprises dans la transition. Un passage de témoin symbolique : avec les nouveaux critères B Corp, l’enjeu n’est plus seulement d’afficher une certification, mais d’être en mesure de produire, cycle après cycle, les éléments permettant de la conserver.

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