Le gouvernement veut aller plus loin pour diminuer le gaspillage alimentaire en France. Bercy, en lien avec la grande distribution et les petits commerces de bouche, planche sur un dispositif qui permettrait aux salariés de repartir avec une partie des invendus. Cette idée viendrait compléter la loi Garot de 2016 (qui avait rendu obligatoire le don des invendus aux associations).
Un projet pour limiter le gaspillage alimentaire
En France, les supermarchés et les commerces de bouche génèrent environ 300 000 tonnes d’invendus alimentaires chaque année. Une partie de ces produits est déjà donnée à des associations comme Les Restos du Cœur, La Croix‑Rouge ou la Banque Alimentaire, mais ils pourraient aussi être redistribués directement aux salariés.
Jusqu’à présent, les invendus donnés aux employés étaient considérés comme un avantage en nature, ce qui entraînait des cotisations sociales et freinait l’usage de cette pratique. Bercy a ouvert des discussions le 30 janvier avec les acteurs concernés pour définir les modalités pratiques, comme l’instauration d’un plafond de dons entre 100 € et 500 € par an et par personne. Ce plafond serait là pour encadrer la mesure de façon pragmatique.
Qui est concerné et comment ça pourrait marcher
Plus d’un million de salariés travaillant dans environ 106 000 commerces pourraient être concernés par cette mesure. Le ministre du Commerce, Serge Papin (ancien acteur de la grande distribution), espère publier un arrêté au printemps pour concrétiser l’initiative. Outre les grandes enseignes comme Auchan et Carrefour, les petits commerces de bouche seraient aussi impliqués, chacun devant veiller à une distribution équitable entre ses salariés.
La mesure resterait facultative pour les enseignes, ce qui demandera une gestion attentive de la part des responsables. Selon franceinfo, Inès, vendeuse à Carrefour City, insiste sur le besoin d’une meilleure coordination, alors que trop souvent des produits finis à consommer partent directement à la poubelle. Des employés comme Karim, responsable de rayon, voient dans cette démarche une opportunité d’aider davantage leurs collègues, notamment ceux ayant des enfants.
Des témoignages qui montrent l’enjeu
Des témoignages rendent l’idée très concrète. Aminata, femme de ménage à l’hypermarché Auchan de Vélizy, dépense 300 € par mois pour nourrir ses trois enfants et aimerait pouvoir profiter des invendus : « même si c’est un seul paquet de pâtes, c’est beaucoup pour moi ». Axelle, employée multi‑service de 22 ans, perçoit cette initiative comme une réponse à la précarité alimentaire, soulagée à l’idée de récupérer des produits qui iraient autrement à la poubelle : « Au moins ça ne finit pas à la poubelle, il y a des gens qui en profitent, qui peuvent manger aussi, manger peut‑être mieux aussi ».








