Des archéologues ouvrent des toilettes médiévales vieilles de 700 ans : à côté de la soie pour s’essuyer, un carnet encore lisible les attend

Une découverte archéologique en Allemagne révèle un carnet médiéval exceptionnel, vieux de 700 ans, qui pourrait bouleverser notre compréhension des pratiques culturelles d’époque.

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Des archéologues ouvrent des toilettes médiévales vieilles de 700 ans : à côté de la soie pour s'essuyer, un carnet encore lisible les attend
Source : LWL/ S. Brentführer | RSE Magazine

Le 12 mai 2026, l’annonce d’une découverte archéologique a fait grand bruit : un carnet médiéval parfaitement conservé a été mis au jour à Paderborn, Allemagne. Il a été déterré par des archéologues de la LWL-Archäologie lors de fouilles préventives avant la construction du nouvel hôtel de ville. Daté d’environ 700 ans, il constitue le seul exemplaire complet de ce type trouvé dans la région. La découverte dans une latrine médiévale remonte à décembre 2024 ; l’environnement humide et privé d’air a permis de préserver le carnet dans un état remarquable.

Lieu et circonstances de la découverte

Le carnet est apparu en centre-ville, près du mur d’enceinte de l’abbaye d’Abdinghof. Les fouilles ont mis au jour cinq latrines médiévales scellées, creusées dans un substrat calcaire datant du XIe siècle. Ces structures, presque hermétiques, ont favorisé la conservation exceptionnelle de l’objet.

La même latrine a livré un ensemble varié de vestiges médiévaux :

  • des douelles de tonneau
  • un couteau
  • des fragments de céramique proto-grès
  • des restes de vannerie
  • des lambeaux de soie, certains finement tissés et découpés en rectangles

Ces morceaux de soie pourraient avoir servi de papier hygiénique, ce qui suggère un statut social élevé de l’utilisateur, probablement un riche marchand.

Source : LWL-Archaeology for Westphalia/E. Daood

Un objet étonnamment bien conservé

Le carnet est composé de dix tablettes de cire, protégées par une couverture en cuir intacte ornée d’un motif en relief de rangées de lys. La couverture mesure 10 x 7,5 cm, tandis que les tablettes en bois font 8,6 x 5,5 cm. Le bois n’a pas subi de déformation après la découverte et le nettoyage initial, et la cire est restée en place, maintenant les écritures mystérieuses. La compacité et l’intégrité de ces matériaux donnent un aperçu intéressant de la fabrication d’objets portables au Moyen Âge.

Ce qu’il contient et comment il a été écrit

Le carnet est rédigé en latin, dans une écriture cursive latine médiévale, au moyen d’un stylet à pointe métallique ou osseuse. Les dix « pages » présentent un texte qui se lit dans deux sens selon l’orientation du livre. L’écriture semble provenir d’une seule main, même si certaines graphies irrégulières compliquent la transcription. On aperçoit aussi des traces d’écritures antérieures sous la cire, laissant penser à d’autres textes possibles que des techniques d’imagerie avancées pourraient révéler.

Des travaux ont déjà été commandés pour transcrire le texte latin, puis le traduire en allemand. La paléographie situe le carnet entre le XIIIe et la fin du XIVe siècle, ce qui corrobore son âge d’environ 700 ans.

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