Une étude alarmante publiée en avril 2026 par Générations Futures et UFC-Que Choisir révèle la présence presque généralisée d’acide trifluoroacétique (TFA) dans l’eau du robinet de 89 communes françaises. Ce composé, qui fait partie des PFAS, apparaît dans 92 % des échantillons analysés, laissant planer une vraie question sanitaire.
Ce qu’il faut savoir sur le TFA
L’acide trifluoroacétique, ou TFA, est un PFAS à chaîne courte, réputé pour sa petite taille et sa grande mobilité. Ces caractéristiques font que le TFA passe difficilement à travers les traitements d’eau classiques, comme le charbon actif et la filtration membrane. Alors que certains PFAS peuvent être retirés à hauteur de 40 %, les filtres à charbon actif n’éliminent que 10 à 20 % du TFA.
Ce polluant est souvent généré à partir de sources dispersées. Le principal responsable semble être les réfrigérants fluorés, appelés F-gaz. Par ailleurs, le flufénacet, un herbicide suspecté d’être un perturbateur endocrinien, se dégrade en TFA dans l’environnement, ce qui en fait un contributeur notable à cette contamination. Son usage en France a fortement augmenté, passant de moins de 100 tonnes en 2008 à 911 tonnes en 2022.
Les solutions à la maison : efficacité variable
Face à cette contamination, beaucoup de ménages se tournent vers des filtres domestiques, mais les techniques de traitement disponibles ne parviennent pas à éliminer efficacement ce polluant. Les carafes filtrantes laissent passer 80 à 90 % du TFA. À l’exception de l’osmose inverse, les autres technologies domestiques ne parviennent pas à éliminer efficacement ce polluant.
L’osmose inverse peut enlever jusqu’à 99 % des PFAS, mais elle a un coût (entre 300 et 1 000 €) et un bilan écologique défavorable en raison d’une forte consommation d’eau. De plus, l’eau traitée par osmose inverse doit ensuite être reminéralisée, ce qui souligne ses limites pratiques.
Ce que ça peut faire à la santé
Les effets de l’exposition au TFA sur la santé restent préoccupants, avec une exposition significative observée dans plusieurs études. Des études récentes montrent des conséquences sur la reproduction, la thyroïde, le foie, le système immunitaire et la qualité du sperme. Ces effets sont observés à des concentrations retrouvées dans certaines analyses d’eau : à Paris, par exemple, le 10e arrondissement a affiché des niveaux de 6 200 ng/L, soit 62 fois le seuil de qualité pour les pesticides fixé à 100 ng/L.








