Le 4 août 2026, l’État annonce une mesure inédite pour les TPE et PME des zones évacuées en Gironde et dans les Landes : le remboursement intégral des indemnités d’activité partielle versées aux salariés. Cette décision élimine le reste à charge habituel de 24% et offre aux dirigeants une opportunité stratégique de renforcer leur engagement RSE tout en préservant leur trésorerie.
Lorsque les flammes ravagent la Gironde et les Landes début août 2026, les dirigeants de TPE et PME font face à un dilemme brutal : comment protéger leurs salariés sans mettre en péril leur trésorerie ? Le 4 août, le ministère du Travail annonce une mesure inédite : l’État remboursera intégralement les indemnités d’activité partielle versées aux salariés des zones évacuées, entre le début du sinistre et la fin du mois. Pour les managers et responsables RH, cette décision transforme une crise potentiellement dévastatrice en opportunité de renforcer leur engagement social.
Pour les dirigeants : une mesure qui facilite la gestion RH en crise
L’annonce du ministre Jean-Pierre Farandou bouleverse les règles habituelles de l’activité partielle. Habituellement, l’État verse aux entreprises une allocation de 36% du salaire brut pour compenser partiellement le coût de l’indemnisation des salariés à 60%. Le reste à charge de 24% pèse lourdement sur les petites structures. Avec la nouvelle mesure, ce différentiel disparaît : l’allocation versée par l’État égalera les 60% de l’indemnité versée par l’entreprise.
Zéro reste à charge : libérer la trésorerie pour d’autres enjeux critiques
Cette neutralité financière change radicalement la donne pour les dirigeants. Une TPE de dix salariés évacuée pendant trois semaines économise environ 7 200 euros de reste à charge, somme réinvestissable dans la sécurisation des locaux ou la reprise d’activité. Les organisations patronales, dont Les Entrepreneurs (ex-CPME), avaient réclamé vendredi dernier au Premier ministre Sébastien Lecornu un dispositif exceptionnel inspiré du modèle Covid, avec une indemnisation à 70%. Le compromis gouvernemental maintient les 60% réglementaires mais efface totalement le coût employeur. Le président du Medef Nouvelle-Aquitaine a salué cette décision en déclarant : « Nous avons été entendus ».
Maintenir la cohésion d’équipe pendant l’évacuation : un enjeu RSE majeur
Au-delà de la trésorerie, cette mesure permet aux dirigeants d’honorer leur responsabilité sociale sans arbitrage douloureux. Garder tous les salariés en activité partielle plutôt que de recourir à des licenciements économiques préserve le capital humain et la confiance. Pour une entreprise de quinze personnes évacuée, maintenir l’ensemble des contrats signifie conserver les compétences clés et faciliter le redémarrage rapide après la crise. Comme l’ont montré d’autres situations de crise, la qualité du dialogue social durant les périodes difficiles détermine souvent la résilience à long terme.
La responsabilité de l’entreprise envers ses salariés en période de sinistre
L’incendie révèle la maturité RSE des dirigeants. Certains auraient pu choisir la voie du chômage technique non indemnisé ou des ruptures conventionnelles. En activant l’activité partielle dès les premières évacuations, ils démontrent leur engagement envers leurs équipes. Le ministère du Travail a d’ailleurs demandé à ses services de traiter les demandes « en urgence, avec un objectif d’instruction sous huit jours », reconnaissant l’urgence sociale de la situation.
Au-delà de la loi : comment les TPE/PME renforcent leur engagement social
Plusieurs dirigeants vont plus loin que le minimum légal. Certains complètent les 60% réglementaires pour atteindre 80 ou 90% du salaire net, absorbant volontairement un surcoût. D’autres maintiennent les avantages sociaux (tickets restaurant, mutuelle renforcée) malgré l’interruption d’activité. Ces gestes, invisibles dans les bilans comptables, construisent une réputation d’employeur responsable. Selon Sud Ouest, plusieurs entreprises ont organisé des points d’information quotidiens avec leurs salariés évacués pour maintenir le lien.
Dialogue social et transparence : communiquer avec ses équipes sur la mesure
La transparence devient un levier managérial puissant. Expliquer aux salariés que l’État prend en charge 100% des indemnités rassure sur la pérennité de l’entreprise et évite les rumeurs de difficultés financières. Les dirigeants avisés partagent les échéances administratives, les délais de remboursement (huit jours annoncés) et les perspectives de reprise. Cette communication renforce la confiance mutuelle, ingrédient essentiel pour traverser collectivement la crise. Comme le montre la gestion d’autres risques professionnels, anticiper et informer prévient les tensions sociales.
Mise en œuvre pratique pour les dirigeants et responsables RH
Transformer cette mesure en avantage opérationnel exige méthode et réactivité. Les services du ministère promettent un traitement accéléré, mais encore faut-il déposer un dossier complet et conforme.
Démarches administratives : comment demander le remboursement en 8 jours
Le dépôt de demande d’activité partielle s’effectue sur la plateforme gouvernementale dédiée. Les dirigeants doivent fournir : attestation d’évacuation de la zone, effectifs concernés, périodes d’arrêt, justificatifs de versement des indemnités. L’objectif d’instruction sous huit jours impose de constituer le dossier dès les premiers jours d’évacuation. Les experts-comptables et cabinets RH jouent ici un rôle crucial pour sécuriser les démarches. Le remboursement intégral couvre la période du début de l’incendie jusqu’au 31 août 2026, offrant une visibilité financière sur près d’un mois.
Planifier la reprise : anticiper le retour à la normale après la crise
Pendant l’activité partielle, les dirigeants stratèges préparent le redémarrage. Inventaire des dégâts, contacts avec les fournisseurs, réorganisation logistique : ces tâches peuvent s’effectuer avec une équipe réduite pendant que les autres salariés restent en sécurité. Certains profitent de cette période pour former les équipes à distance sur de nouveaux outils ou process. L’activité partielle devient alors un temps de résilience productive plutôt qu’un simple arrêt subi. Les huit jours de traitement promis par le ministère permettent de récupérer rapidement les fonds nécessaires aux premiers investissements de reprise.
Bonnes pratiques : retours d’expérience d’autres dirigeants en crise
Les crises passées (Covid-19, inondations) offrent des enseignements précieux. Les dirigeants performants documentent scrupuleusement chaque décision, conservent les preuves de versement des indemnités et maintiennent un contact hebdomadaire minimum avec chaque salarié. Certains créent des groupes de communication dédiés (messagerie, visioconférence) pour partager les informations officielles et couper court aux rumeurs. D’autres organisent des points collectifs en visio pour maintenir la cohésion. Comme le souligne BFM Business, cette mesure exceptionnelle ne dispense pas d’une gestion RH rigoureuse et humaine.
Face aux incendies de Gironde et des Landes, les dirigeants de TPE et PME disposent désormais d’un outil puissant pour protéger leurs équipes sans sacrifier leur survie économique. Le remboursement intégral des indemnités d’activité partielle par l’État transforme une contrainte légale en levier de responsabilité sociale. Reste à savoir si cette mesure exceptionnelle inspirera de futurs dispositifs permanents pour accompagner les entreprises face aux crises climatiques à venir.



