Ce robot agricole solaire avec guidage GPS sème et désherbe automatiquement, sans recourir aux pesticides

Zéro pesticide, zéro chauffeur : un robot solaire sème et désherbe seul vos champs au millimètre près. Près de 700 exemplaires roulent déjà en France, mais tiennent-ils vraiment sur la durée ?

Publié le
Lecture : 2 min
Ce robot agricole solaire avec guidage GPS sème et désherbe automatiquement, sans recourir aux pesticides
Source : FarmDroid FD20 | RSE Magazine

Sur une parcelle pilote française, un robot agricole avance seul entre les rangs d’une culture. Son châssis bas, couvert de panneaux solaires, glisse sur le sol sans bruit de moteur diesel. Guidé par GPS, il sème puis désherbe mécaniquement, sans tracteur, sans chauffeur au volant et sans recourir au moindre herbicide, raconte La Crème du Gaming.

La machine promet d’alléger la pénibilité du travail agricole et de réduire l’usage des pesticides, dans un secteur confronté au durcissement des règles environnementales autant qu’à la pénurie de main-d’œuvre. Reste à savoir si ces performances, souvent filmées lors de démonstrations soignées, tiennent sur plusieurs saisons et par tous les temps.

Ce type d’engin n’est plus une curiosité isolée. Près de 700 robots agricoles sont déjà en service dans les champs français, parmi lesquels les machines de l’entreprise Naïo Technologies, Oz et Dino, utilisées en maraîchage. L’objectif affiché est de basculer vers un désherbage mécanique de précision. Selon l’INRAE, ces robots permettent déjà de réduire de 40 % à 90 % l’usage d’herbicides, selon les cultures et les itinéraires techniques suivis.

Une précision de 8 millimètres, avant même la levée

Le FarmDroid FD20 est cité comme illustration de cette nouvelle génération de machines. Sa plateforme légère associe panneaux photovoltaïques, batteries, capteurs et un GPS RTK, qui s’appuie sur une station fixe pour situer le robot au centimètre près et lui permettre de suivre les rangs sans conducteur, même par faible visibilité.

Au moment du semis, l’appareil enregistre la position de chaque graine. Il peut ensuite revenir désherber plusieurs fois entre les futures plantules, au millimètre près, y compris avant leur germination. Le fabricant annonce une précision d’environ 8 millimètres pour des graines jusqu’à 14 millimètres de diamètre, et des profondeurs de travail comprises entre 10 et 50 millimètres.

Roulant lentement, avec des outils peu gourmands en énergie, il travaille plusieurs heures dès que l’ensoleillement est suffisant. En France, un FarmDroid couvre en moyenne 20 hectares par saison. Le fabricant revendique plus de 500 robots déployés dans une vingtaine de pays, jusqu’à 40 % de gain de rendement et jusqu’à 94 % de réduction des intrants chimiques.

Ces chiffres masquent des opérations qui restent indispensables : cartographie de la parcelle, paramétrage, nettoyage régulier des capteurs et mises à jour logicielles. Le système suppose aussi un sol ressuyé, des rangs réguliers et des fenêtres météo suffisantes pour multiplier les passages. Sur un sol collant ou trop hétérogène, un mauvais réglage de la profondeur ou de la vitesse peut abîmer la culture ou laisser filer les mauvaises herbes.

Entre 120 000 € et 180 000 €, rarement à l’achat solo

Le ticket d’entrée pour ce type de robot de désherbage, comparable à celui d’un Dino, se situe souvent entre 120 000 € et 180 000 € selon les équipements choisis. L’achat en solo reste rare : les exploitants passent plutôt par une CUMA, une prestation de service ou des formules de type « Robot as a Service ». Des aides de FranceAgriMer et de France 2030 permettent d’alléger l’investissement initial.

Le profil le plus adapté reste celui d’une ferme en cultures de rangs, souvent en agriculture biologique, avec quelques dizaines d’hectares et une appétence certaine pour le numérique. Avant tout achat, il est conseillé de clarifier l’assurance et la responsabilité en cas de choc, de vérifier la proximité du service après-vente, et de tester la machine sur une parcelle pilote pendant au moins une saison complète.

Laisser un commentaire