À l’occasion du Green Postal Day, le 17 septembre, les grands opérateurs postaux dressent le bilan de leur transition environnementale : leurs émissions annuelles de gaz à effet de serre ont reculé de plus de 41 % depuis 2008. En France, La Poste, qui alimente ses 12.000 bâtiments à 90 % en électricité d’origine renouvelable, accélère désormais sur le transport longue distance. Son objectif : réaliser 50 % de ses kilomètres en poids lourds en mode bas carbone d’ici à 2030.
La transition environnementale des postes mondiales continue de progresser. À l’occasion de la huitième édition du Green Postal Day, organisée le 17 septembre, les opérateurs engagés dans le programme environnemental de l’International Post Corporation (IPC) annoncent avoir réduit collectivement leurs émissions annuelles de gaz à effet de serre de plus de 41 % par rapport à 2008. Ils visent une baisse de 50 % en 2030.
La Poste française entend jouer un rôle moteur dans cette transformation. Après avoir beaucoup investi dans l’électrification de ses activités de proximité, le groupe public s’attaque désormais à un chantier plus complexe : les transports moyenne et longue distance. Fin 2025, 19,2 % des kilomètres parcourus par La Poste l’étaient déjà en mode bas carbone. Chez Geopost, sa filiale internationale spécialisée dans le colis, cette proportion atteignait 18,4 %. L’objectif est désormais de porter à 50 % la part des kilomètres effectués en poids lourds bas carbone d’ici à 2030.
L’enjeu est considérable pour un groupe qui a profondément changé de modèle économique. En 2025, La Poste a réalisé 34,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 45 % à l’international. Surtout, les activités de colis, portées notamment par Colissimo, Chronopost, DPD, SEUR ou BRT, contribuent désormais à près de 54 % de ses revenus. Le groupe a livré 2,7 milliards de colis dans le monde l’an dernier.
Des objectifs d’électrification atteints en avance
Le bilan présenté à l’occasion du Green Postal Day témoigne plus largement des progrès accomplis par le secteur. Les opérateurs postaux ont atteint avec plusieurs années d’avance leur objectif collectif d’électrification des flottes fixé pour 2030. Dans leurs bâtiments, 36 % de l’électricité consommée provient désormais de sources renouvelables.
La Poste affiche des résultats supérieurs à cette moyenne sur son parc immobilier : ses quelque 12.000 bâtiments sont alimentés à 90 % en électricité d’origine renouvelable. Le groupe dispose par ailleurs de plus de 24.000 véhicules électriques et d’un millier de vélos-cargos.
Ces investissements ont notamment permis de faire progresser la décarbonation du « dernier kilomètre », c’est-à-dire la partie finale du trajet jusqu’au destinataire. Mais, souligne La Poste dans son bilan du Green Postal Day, « le transport longue distance [est un] nouveau levier de décarbonation ».
Le transport longue distance, prochain défi
La situation devient en effet plus complexe pour les liaisons entre plateformes logistiques et le transport international. Les opérateurs travaillent sur plusieurs solutions : poids lourds électriques ou utilisant des carburants alternatifs, optimisation des flux et expérimentation de nouvelles technologies pour le fret aérien.
La Poste s’est fixé un objectif précis : 50 % des kilomètres parcourus par ses transports en poids lourds devront l’être en mode bas carbone en 2030. Le groupe part encore de loin : fin 2025, cette proportion atteignait 19,2 % pour La Poste et 18,4 % chez Geopost.
Le défi est d’autant plus important que la croissance du colis a transformé l’économie du groupe. La baisse structurelle du courrier s’est accompagnée d’une montée en puissance de la logistique et de la livraison, notamment à l’international. Décarboner les grandes liaisons devient donc un enjeu industriel autant qu’environnemental.
L’empreinte carbone de 95 millions de colis déjà calculée
L’autre nouveauté de cette édition du Green Postal Day concerne la mesure des émissions. Treize opérateurs postaux réunis au sein de l’IPC lancent un Carbon Footprint Calculator, conçu pour calculer l’empreinte carbone des livraisons internationales. Plus de 95 millions de colis ont déjà été analysés grâce à cet outil.
L’objectif est de fournir aux e-commerçants et à leurs clients une information plus détaillée sur les émissions associées à chaque expédition. Pour les opérateurs, il s’agit aussi d’améliorer la comparabilité des données environnementales entre les différents réseaux postaux.
La Poste avait déjà commencé à développer ses propres outils. Dès 2023, Geopost a lancé un calculateur permettant à ses clients de mesurer les émissions associées à leurs expéditions. En France, le groupe propose également un « score écologique » destiné aux particuliers et aux professionnels.
Cette volonté de mesurer précisément l’impact de chaque envoi répond à un enjeu plus large : concilier la réduction de l’empreinte carbone avec la croissance des échanges et du commerce électronique. Le groupe résume ainsi l’équation : « réduire leur empreinte carbone tout en accompagnant la croissance du e-commerce et des échanges internationaux ».
Depuis 2008, le secteur postal a déjà accompli une grande partie du chemin vers son objectif collectif de réduction de 50 % des émissions en 2030. Mais les prochains gains pourraient être plus difficiles à obtenir. Après les bâtiments et les véhicules du dernier kilomètre, il faut désormais décarboner les poids lourds et les grandes liaisons logistiques. Pour La Poste, dont plus de la moitié du chiffre d’affaires provient désormais du colis, c’est là que se situe probablement le principal défi des prochaines années.