En 2023, une équipe de scientifiques lancent 90 petites îles par hélicoptère pour restaurer un marais envahi par une plante

90 radeaux de plantes lâchés par hélicoptère, 450 végétaux largués sur une zone humide agonisante. Trois ans après, insectes, oiseaux et amphibiens reviennent. Les saumons retrouveront-ils enfin leur chemin vers l’océan ?

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En 2023, une équipe de scientifiques lancent 90 petites îles par hélicoptère pour restaurer un marais envahi par une plante
En 2023, une équipe de scientifiques lancent 90 petites îles par hélicoptère pour restaurer un marais envahi par une plante © RSE Magazine

Le ballet a duré une seule journée. Un hélicoptère a survolé une étendue d’eau stagnante dans l’État de Washington et largué, l’une après l’autre, 90 petites plateformes flottantes. Chacune transportait des plantes natives pour tenter de redonner vie à un site naturel à bout de souffle.

Au total, ce sont environ 450 plantes qui ont ainsi rejoint la surface de l’eau, réparties dans la zone humide visée par l’opération. L’intervention remonte à 2023 et a été menée par le Département des ressources naturelles des Tribus Tulalip, dans le cadre d’un projet baptisé Oxbow Pallet Project.

Une herbe invasive qui étouffait le milieu

Derrière ce largage aérien se cache un problème bien identifié : le pasto cinta, une graminée envahissante aussi appelée roseau ruban, avait progressivement déséquilibré la végétation du site et menaçait le fonctionnement naturel de toute la zone humide. L’écologue de protection environnementale Todd Gray et la biologiste des zones humides Michelle Bahnick ont dirigé l’opération.

L’idée derrière ces radeaux végétalisés tient en une phrase : laisser les plantes indigènes s’installer sans avoir à se battre directement, racine contre racine, avec l’herbe invasive. En flottant à la surface, elles échappent à la concurrence directe pour le sol tout en offrant, très vite, de nouveaux abris pour les insectes et les oiseaux.

Le choix de l’hélicoptère n’a rien d’anodin. Certains secteurs de la zone humide étaient tout simplement inaccessibles aux engins classiques. Faire intervenir de la machinerie lourde aurait par ailleurs risqué d’abîmer davantage ce terrain aquatique fragile. Larguer les structures depuis les airs a permis de couvrir une large surface en très peu de temps.

Source : Diario Uno

L’ambition finale dépasse la seule question de la flore. En nettoyant les canaux d’eau stagnante envahis par le roseau ruban, le projet vise à permettre au saumon juvénile de retrouver un accès sûr à ces eaux, indispensables pour s’alimenter et grandir avant de partir vers l’océan.

Trois ans plus tard, en 2026, le projet traverse une phase de suivi jugée déterminante. Les chercheurs cherchent à savoir si les petites communautés végétales installées sur les plateformes ont réussi à s’enraciner, à se reproduire et à devenir de véritables points de récupération pour le reste du site. Au-delà des plantes elles-mêmes, ils traquent des signes de ce qu’ils appellent la complexité de l’habitat.

Les premiers signaux, rapportés par le Diario AS, sont encourageants. Des insectes, des amphibiens et des oiseaux ont commencé à utiliser ces îles artificielles comme refuge, un retour de la faune qui compte au moins autant que la reprise de la végétation aux yeux des chercheurs. Si l’herbe nuisible est complètement éradiquée, les jeunes saumons pourraient à nouveau utiliser ces eaux avant leur migration vers l’océan ouvert.

Le projet est né comme une réponse peu conventionnelle à une question simple : comment restaurer un site dégradé sans l’abîmer davantage pendant les travaux eux-mêmes. Trois ans après le largage des 90 plateformes, l’Oxbow Pallet Project affiche ses premiers signes de reprise, entre plantes qui tiennent bon et animaux qui reviennent s’installer.

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