À partir du 1er septembre 2026, l’achat ou la location d’une voiture électrique d’occasion chez un professionnel sera éligible à une aide financière via les certificats d’économie d’énergie. Le montant de base s’élève à environ 337 euros, mais peut atteindre entre 2 000 et 2 360 euros pour les professionnels de l’aide à domicile et du service à la personne, sous conditions. Une aide complémentaire de 3 500 à 5 500 euros est également prévue pour les taxis acquérant un véhicule neuf.
Une nouvelle aide pour démocratiser l’électrique d’occasion
Dès le 1er septembre 2026, l’achat ou la location d’une voiture électrique d’occasion auprès d’un professionnel ouvre droit à un financement par les certificats d’économie d’énergie (CEE). L’arrêté, publié le mercredi 12 août au Journal officiel, s’inscrit dans le plan d’électrification des usages annoncé en mai dernier. L’objectif : accélérer la décarbonation du parc automobile français et renforcer la souveraineté énergétique du pays.
Créé en 2005, le mécanisme des CEE repose sur le principe du pollueur-payeur. Il oblige les fournisseurs d’énergie et de carburants (EDF, Engie, TotalEnergies) à financer des actions en faveur de la transition énergétique. Jusqu’ici, ce dispositif avait notamment permis de soutenir le leasing social destiné aux ménages modestes. Mi-juillet, Bercy avait lancé la troisième vague de ce programme, dotée de 401 millions d’euros. Avec ce nouveau volet dédié à l’occasion, l’État réinvestit un segment de marché en pleine expansion, alors que les ressources planétaires s’épuisent plus vite chaque année.
337 euros en moyenne, jusqu’à 2 360 euros pour les aides à domicile
Selon la base de prix du CEE retenue par le gouvernement, la prime s’élèverait à environ 337 euros par véhicule. Un montant jugé « assez faible » par Romain Ryon, président de Mobilee, entreprise spécialisée dans la valorisation des CEE dans les transports. Mais l’arrêté prévoit des coefficients multiplicateurs temporaires, applicables jusqu’à fin 2026, pour certaines catégories professionnelles.
Les professionnels de l’aide à domicile et du service à la personne peuvent ainsi bénéficier d’une aide comprise entre 2 000 et 2 360 euros. Pour y prétendre, le véhicule acquis ou loué doit afficher un prix d’acquisition inférieur ou égal à 25 000 euros. « Les aides à domicile sont indispensables pour permettre à des millions de Français de continuer à vivre chez eux. Après le leasing électrique, cette nouvelle aide pour l’achat ou la location d’un véhicule électrique d’occasion apporte une réponse très concrète à leurs besoins et pour mieux accompagner les personnes âgées et les personnes en situation de handicap partout sur le territoire », a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
L’exécutif affiche l’ambition d’atteindre une flotte de 30 000 véhicules électriques dédiés aux aides à domicile. Un objectif qui conjugue transition écologique et réponse aux besoins de mobilité de professionnels souvent contraints de parcourir de longues distances quotidiennes.
Des critères d’éligibilité stricts pour garantir la qualité
L’obtention de la prime est soumise à un cahier des charges précis. Le véhicule doit être 100 % électrique, avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023, et être acheté ou loué auprès d’un professionnel de l’automobile. L’une des exigences centrales porte sur l’état de la batterie : elle doit afficher une capacité restante d’au moins 80 %, ou un équivalent jugé satisfaisant.
Le bénéficiaire s’engage à conserver le véhicule pendant au moins trois ans. L’arrêté précise que la prime sera applicable du 1er septembre 2026 au 31 août 2030, soit une période de quatre ans. Selon Auto-Moto, la mesure vise à dynamiser un marché de la seconde main électrique en plein essor, porté notamment par la hausse des prix des carburants.
En imposant une capacité minimale de batterie de 80 %, le gouvernement cherche à éviter que les acquéreurs ne se retrouvent avec des véhicules dont l’autonomie serait trop limitée, dans un contexte où l’Europe renforce ses exigences sur le recyclage des batteries et des matériaux.
Une aide renforcée pour les taxis
Dans un second arrêté publié le même jour, le gouvernement a instauré une aide CEE destinée aux taxis, qu’ils soient indépendants ou salariés d’une entreprise. Pour toute commande passée entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026, l’aide s’élèvera à environ 3 500 euros. Elle pourra grimper jusqu’à 5 500 euros si le véhicule et sa batterie sont fabriqués en Europe, une mesure qui favorise la production locale et renforce la cohérence avec les objectifs de souveraineté industrielle.
Seuls les modèles répondant à un écoscore minimal, c’est-à-dire un score environnemental satisfaisant, seront éligibles, précise Romain Ryon. L’aide concerne aussi bien les taxis individuels que ceux en entreprise, mais elle s’applique exclusivement aux véhicules neufs, contrairement au dispositif destiné au grand public et aux aides à domicile.
Selon Midi Libre, l’aide vise à encourager les professionnels du transport de personnes à renouveler leur flotte en optant pour des motorisations zéro émission, dans un contexte où les zones à faibles émissions (ZFE) se multiplient dans les grandes agglomérations françaises.
Le retour d’un soutien public après deux ans d’absence
Le dispositif annoncé marque le retour d’un soutien national à l’achat de voitures électriques de seconde main. Le gouvernement avait supprimé le bonus écologique d’occasion de 1 000 euros début 2024, avant de fermer progressivement les autres mécanismes d’aide, comme la prime à la conversion. Depuis, les particuliers souhaitant acquérir un véhicule électrique d’occasion ne bénéficiaient plus d’aucun coup de pouce financier de l’État.
Avec ce nouveau financement par les CEE, l’exécutif réinjecte une aide ciblée pour dynamiser le marché de la seconde main électrique. Le montant de 337 euros reste modeste comparé aux aides antérieures, mais il constitue un signal politique en faveur de la démocratisation de la mobilité électrique. Pour les professionnels de l’aide à domicile, en revanche, les montants compris entre 2 000 et 2 360 euros représentent un levier financier non négligeable.



