Du cadmium retrouvé dans presque toutes les pâtes industrielles, seulement deux échappent à la contamination

Sur 36 marques de pâtes testées, seulement deux échappent totalement au cadmium. Pour certaines références de Barilla, un enfant pourrait dépasser cinq fois la dose tolérable chaque semaine. Les résultats complets risquent de vous surprendre.

Publié le
Lecture : 2 min
Du cadmium retrouvé dans presque toutes les pâtes industrielles, seulement deux échappent à la contamination
Du cadmium retrouvé dans presque toutes les pâtes industrielles, seulement deux échappent à la contamination © RSE Magazine

Le magazine de défense des consommateurs 60 Millions de consommateurs publie, dans son numéro de septembre, un dossier consacré à la teneur en cadmium de 36 références de pâtes alimentaires. Sorti en kiosques et en ligne le jeudi 27 août 2026, ce dossier conclut que beaucoup de ces pâtes contiennent une quantité de ce métal lourd jugée préoccupante, susceptible de représenter un risque pour la santé.

L’échantillon comptait 18 paquets de penne et 18 de spaghetti, toutes marques et gammes confondues : Barilla, Lustucru, Panzani, marques distributeurs, références classiques, complètes, sans gluten ou protéinées. Toutes ont été passées au crible en centre d’essai.

Résultat : sur les 36 paquets, deux seulement sont totalement exempts de cadmium. Il s’agit des penne sans gluten Marque Repère d’E.Leclerc et des penne sans gluten de l’enseigne U. Une caractéristique commune les distingue des autres : elles sont fabriquées à base de maïs et de riz, et non de blé, une céréale particulièrement exposée à la contamination selon le magazine.

Les 34 autres références contiennent des traces de cadmium, mais aucune ne franchit le seuil fixé par la réglementation européenne, qui autorise jusqu’à 0,18 mg/kg dans le blé dur.

Barilla en tête des taux les plus élevés

Les écarts entre références sont marqués. Les penne complètes de la marque italienne Delverde n’affichent que 0,009 mg/kg, un taux très faible. À l’autre bout du tableau, les pâtes au blé complet de Barilla décrochent les pires scores du comparatif : 0,066 mg/kg pour les penne, 0,071 mg/kg pour les spaghetti. Les penne Combino, vendues chez Lidl, suivent de près.

Mais une même marque peut afficher des résultats très inégaux : les spaghetti sans gluten de Barilla comptent parmi les moins contaminés du test, tout comme ses spaghetti Protein+. Selon 60 Millions de consommateurs, ces différences s’expliqueraient par l’origine du blé utilisé.

Les marques françaises, Lustucru, Panzani ou Alpina Savoie, privilégient généralement du blé tricolore, tandis que les marques italiennes se fournissent le plus souvent en blé national. Barilla, multinationale, s’approvisionne quant à elle en blés de provenances variées selon les gammes, les marchés et les années.

Le magazine relève par ailleurs que les pâtes complètes conservent les couches externes du grain, une zone où le cadmium a tendance à s’accumuler, ce qui pourrait expliquer leurs taux plus élevés.

Un métal qui s’accumule dans les reins

Le cadmium est classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Il est aussi présent naturellement dans les sols, ce qui contamine une grande partie de l’alimentation, y compris le pain, les pommes de terre ou le chocolat. Impossible, donc, de l’éviter simplement en changeant ses habitudes alimentaires.

Sylvie Metzelard, rédactrice en chef de 60 Millions de consommateurs, rappelle dans l’édito du magazine que le cadmium « s’accumule petit à petit dans notre corps, particulièrement dans les reins, et s’élimine très difficilement ».

Le dossier avance deux exemples chiffrés. Un enfant de 40 kilos mangeant cinq portions de 60 grammes de pâtes par semaine ingérerait environ 21 microgrammes de cadmium, soit plus d’un cinquième de la dose hebdomadaire tolérable, uniquement via sa consommation de pâtes.

Le calcul est plus alarmant pour les spaghetti Barilla au blé complet : selon le magazine, un enfant d’une douzaine d’années qui en consommerait cinq portions de 60 grammes par semaine dépasserait la dose hebdomadaire tolérable fixée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, jusqu’à cinq fois.

60 Millions de consommateurs avait déjà mené une enquête similaire sur la présence de cadmium dans les flocons d’avoine. Ce dossier s’adresse moins au consommateur, qui ne peut pas agir à son échelle, qu’aux pouvoirs publics.

Laisser un commentaire