Naudet plante les fondations d’une nouvelle forêt francilienne

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Naudet plante les fondations d’une nouvelle forêt francilienne
© Naudet

Sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, dans le Val-d’Oise, Naudet participe à la transformation de terres durablement dégradées en un massif forestier de grande ampleur. Derrière les centaines de milliers d’arbres déjà mis en terre, le chantier de la forêt de Maubuisson concentre plusieurs enjeux de responsabilité environnementale et sociale : adaptation climatique, biodiversité, restauration des sols, économie circulaire et insertion professionnelle.

Naudet au cœur d’un reboisement hors norme dans la forêt de Maubuisson

Pour la société Naudet, qui célèbre ses 150 ans en 2026, le projet de reboisement engagé en 2019 dans la forêt Maubuisson constitue une démonstration à grande échelle de son métier forestier. L’entreprise accompagne les propriétaires publics et privés sur des opérations de boisement, de reboisement et de gestion forestière durable ; ses équipes travaillent chaque année sur environ 4.000 hectares de surfaces reboisées. Elles couvrent toute la chaîne opérationnelle, depuis les études préalables et la préparation des sols jusqu’à la plantation, à la protection et au suivi des jeunes peuplements.

Le changement d’échelle est spectaculaire. La future forêt représente 1.340 hectares, soit l’équivalent d’environ 1.914 terrains de football. Le document présente cette opération comme l’un des plus importants chantiers de boisement réalisés en France au cours des dernières décennies. Elle se déploie sur le territoire de sept communes du Val-d’Oise, à 16 km de Paris.

L’enjeu ne consiste pourtant pas seulement à couvrir un vaste espace d’arbres. La plaine porte l’héritage d’un usage ancien et lourd de conséquences : à partir des années 1990, des études sanitaires ont mis en évidence des teneurs en éléments traces métalliques supérieures aux seuils admis pour des cultures alimentaires. Cette pollution est attribuée dans le document à des années d’épandage d’eaux usées, qui ont rendu impossible la poursuite des productions maraîchères sur les terrains concernés.

C’est cette situation qui donne au chantier une résonance particulière du point de vue de la RSE. Il ne s’agit pas d’une plantation compensatoire isolée, mais d’une intervention territoriale associant collectivités, expertise forestière et entreprise de travaux afin de modifier durablement l’usage d’un foncier dégradé. Naudet parle d’une « Véritable reconquête écologique ». Le projet vise à favoriser la qualité des sols et des eaux de ruissellement, à constituer un espace de biodiversité et à créer un puits de captation du carbone.

Cette responsabilité se répartit entre plusieurs acteurs. Le SMAPP pilote l’aménagement ; l’ONF porte la maîtrise d’œuvre scientifique et technique ; Naudet a été sélectionné pour la fourniture des plants et l’exécution des travaux de boisement. L’entreprise met ainsi à profit une expérience acquise sur des programmes de reforestation complexes, notamment sur d’anciens sites miniers et métallurgiques.

Une forêt conçue pour diversifier les arbres et absorber le risque climatique

À Maubuisson, la résilience se construit d’abord par la diversité. Le projet retient 30 essences forestières et 18 essences arbustives, avec environ 90% de feuillus. Le choix intègre notamment des alisiers torminaux, des chênes chevelus, faginés, pubescents et sessiles, des érables planes, des cornouillers mâles ou encore des troènes communs et des viornes lantanes. Ces végétaux ont été retenus pour leur rusticité et leur capacité annoncée à faire face aux fortes températures et aux épisodes de sécheresse.

Cette stratégie rompt avec une conception uniforme du reboisement. Les arbres sont installés « en mélange » afin de réduire la vulnérabilité des peuplements face aux maladies et aux insectes ravageurs. La densité varie de 1.000 à 2.500 plants par hectare, selon la même source. Le terrain a, en outre, été divisé en 85 îlots, chacun recevant une combinaison végétale adaptée aux caractéristiques de son sol.

Le dispositif ne repose donc pas uniquement sur le choix des espèces. Des haies brise-vent sont programmées pour améliorer les conditions de croissance des secteurs les plus exposés, tandis que le plan d’aménagement prévoit également des milieux ouverts destinés à favoriser certaines espèces animales et une flore particulière. Cette approche en mosaïque cherche à éviter qu’un futur massif forestier soit traité comme une simple succession de rangées d’arbres.

L’enjeu climatique se traduit aussi par une logique de suivi. Sur un chantier qui s’étale sur plusieurs années, le choix initial d’une essence ne peut suffire à garantir la réussite d’une plantation. Naudet indique intervenir sur l’analyse préalable des terrains, la préparation des sols, la protection contre le gibier et l’entretien des plants, autant d’étapes qui font de la pérennité du boisement un processus plutôt qu’un acte ponctuel.

Naudet plante les fondations d’une nouvelle forêt francilienne
© Naudet

Naudet, du plant au suivi des arbres sur le chantier

La particularité du modèle de Naudet tient précisément à cette continuité opérationnelle. À Maubuisson, l’entreprise a été choisie notamment pour sa capacité à assurer la fourniture de près d’un million de plants sur plusieurs années. Naudet dispose, avec son activité de pépinières, de la fonction de fourniture végétale nécessaire au chantier, puis prend en charge la mise en terre et le suivi. Cette organisation donne à l’entreprise un rôle directement lié à la qualité du matériel végétal comme à son implantation.

Les résultats communiqués donnent la mesure du travail déjà effectué. Plus de 917.000 arbres avaient été plantés. Pour la seule campagne 2025-2026, plus de 225.000 jeunes arbres devaient être mis en terre entre octobre 2026 et mars 2027. Deux équipes de douze salariés de Naudet ont été mobilisées pour cette campagne, avec le renfort d’équipes en insertion professionnelle.

Cette dimension sociale élargit la lecture RSE du projet. La plantation devient non seulement une intervention sur les écosystèmes, mais aussi un chantier mobilisant de la main-d’œuvre locale et des dispositifs d’insertion. Le communiqué ne fournit pas d’indicateur supplémentaire sur les parcours professionnels concernés ; il permet néanmoins d’établir que ces équipes participent effectivement à la campagne aux côtés des salariés de Naudet.

L’efficacité du chantier se mesure aussi à la survie des jeunes plantations. Le taux de reprise atteint près de 90%. L’entreprise relie ce niveau au suivi technique mis en place depuis le lancement du chantier ainsi qu’aux méthodes de protection expérimentées sur le terrain. Ce chiffre reste un indicateur communiqué par Naudet, mais il est central pour apprécier la pertinence d’un projet de reboisement : planter beaucoup ne suffit pas si une part excessive des plants disparaît dans les saisons suivantes.

Le reboisement comme levier de restauration écologique et territoriale

Maubuisson est également un terrain d’expérimentation pour réduire certains impacts annexes des chantiers forestiers. Naudet indique tester des paillages biosourcés à partir de laine, de chanvre ou de cheveux afin de protéger les jeunes plants. L’entreprise installe aussi des perchoirs à rapaces pour agir sur les populations de rongeurs et développe une filière de recyclage des gaines plastiques utilisées sur les plantations, lesquelles sont ensuite transformées en mobilier urbain.

Ces mesures illustrent un enjeu désormais familier aux démarches RSE : limiter les effets indésirables d’une solution environnementale elle-même. Le boisement peut répondre à des objectifs climatiques ou de biodiversité, tout en générant des consommations de matériaux, des déchets et des contraintes opérationnelles. En expérimentant des protections biosourcées ou une seconde vie pour certaines gaines, Naudet tente d’intégrer ces externalités à la conduite du chantier. Le communiqué ne fournit cependant ni bilan de cycle de vie ni taux de substitution permettant de quantifier l’impact environnemental de ces dispositifs ; il convient donc de les présenter comme des expérimentations et non comme des résultats environnementaux démontrés.

Le projet montre enfin combien une opération de restauration de cette taille repose sur une gouvernance collective. La Région Île-de-France, le Département du Val-d’Oise, l’intercommunalité et les communes concernées sont réunis au sein du SMAPP. Le financement du projet est assuré majoritairement par le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le Département du Val-d’Oise.

La forêt qui émergera de ces plantations ne sera pas mature à l’achèvement matériel des travaux prévu en 2028. Ce calendrier marque plutôt la fin d’une phase de construction écologique particulièrement intensive. À partir de là, la qualité du suivi, l’évolution des peuplements, leur résistance aux sécheresses et leur capacité à accueillir une biodiversité diversifiée deviendront les véritables indicateurs du projet. Pour une entreprise de reboisement comme Naudet, c’est précisément ce temps long qui transforme une prestation de plantation en responsabilité forestière durable.

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