DiCaprio et Bezos lancent un fonds de 200 millions de dollars pour sauver 100 espèces menacées

200 millions de dollars, 100 espèces au bord du gouffre : sifaka, pangolin, iguane rose… DiCaprio et Bezos misent gros sur un pari inédit. Leur méthode change vraiment la donne pour ces animaux presque disparus.

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DiCaprio et Bezos lancent un fonds de 200 millions de dollars pour sauver 100 espèces menacées
DiCaprio et Bezos lancent un fonds de 200 millions de dollars pour sauver 100 espèces menacées © RSE Magazine

Les fondations financées et co-fondées par l’acteur Leonardo DiCaprio et le fondateur d’Amazon Jeff Bezos ont lancé, le mardi 4 août 2026, une initiative dotée de 200 millions de dollars US destinée à soutenir le rétablissement de 100 des espèces les plus menacées de la planète, rapporte le Times of India. Baptisé « Phoenix Species Project », le programme est mené conjointement par Re:wild, l’organisation de conservation co-fondée par DiCaprio, et le Bezos Earth Fund, présidé par Bezos.

Les organisations présentent ce financement comme le plus important engagement financier unique jamais consacré entièrement à aider des espèces en danger critique à se rétablir.

Cibler plutôt que disperser

Le projet ne cherche pas à couvrir large. Plutôt que d’étaler les ressources sur de vastes programmes environnementaux, il vise des animaux dont les populations sont tombées à des niveaux si bas qu’une conservation ciblée est devenue indispensable à leur survie.

Les organisateurs misent sur un financement concentré, un suivi à long terme et des partenariats locaux pour améliorer le succès de la reproduction, restaurer les habitats et réduire les risques d’extinction. L’objectif affiché n’est pas de remplacer les travaux de conservation déjà engagés sur le terrain, mais de les renforcer.

Une assistance technique accompagnera le soutien financier, afin que les groupes de conservation partagent leur expertise et coordonnent leurs efforts entre pays confrontés à des défis similaires.

De nombreuses organisations locales protègent depuis des années des espèces menacées avec des moyens limités, souvent adossés à de petites subventions qui expirent avant que les objectifs de rétablissement soient atteints. Les organisateurs espèrent qu’en offrant un financement plus important et plus durable, les équipes de conservation pourront étendre la protection des habitats, améliorer le suivi scientifique et poursuivre les programmes de reproduction ou de rétablissement sans interruptions répétées.

Des lémuriens aux échidnés

La liste des espèces ciblées traverse presque tous les groupes du règne animal. Le sifaka couronné d’or, un lémurien présent uniquement à Madagascar, où la perte de forêt continue de réduire son habitat, figure parmi les bénéficiaires. À Madagascar justement, l’Association Fanamby, qui œuvre depuis des années à la protection de ce lémurien, va bénéficier d’un soutien via l’initiative.

Sa directrice exécutive, Tiana Andriamanana, a résumé dans une déclaration ce que représente ce changement d’échelle, expliquant que l’association a protégé le sifaka couronné d’or pendant des années avec un budget qui ne correspondrait jamais à ce que cette espèce mérite, mais que laisser cette espèce s’éteindre n’a jamais été une option. Elle ajoute que ce financement, la plateforme mondiale et le soutien technique qui l’accompagnent changent ce qui est désormais possible.

D’autres espèces figurent au programme :

  1. la salamandre verte du Hickory Nut Gorge, un amphibien sans poumons restreint à une petite zone de Caroline du Nord,
  2. le sanglier des Visayas aux Philippines,
  3. la souris moissonneuse de Cozumel au Mexique,
  4. l’iguane terrestre rose qui ne survit qu’autour du volcan Wolf dans les îles Galápagos,
  5. le pangolin de Malaisie, l’un des mammifères les plus fortement trafiqués au monde,
  6. la tortue à carapace molle de Tanzanie et
  7. le crapaud arlequin de la nuit étoilée, présent uniquement dans les montagnes de Colombie.

S’y ajoute l’échidné à long bec d’Attenborough, en Nouvelle-Guinée, ce mammifère pondeur d’œufs nommé en l’honneur du naturaliste Sir David Attenborough.

Cette diversité illustre que le risque d’extinction ne se limite pas à un seul groupe d’animaux : mammifères, reptiles, amphibiens font face à des pressions différentes selon leurs écosystèmes, entre destruction des habitats, changement climatique, espèces invasives et commerce illégal.

L’annonce ne sort pas de nulle part. Les discussions ont débuté en 2021, lorsque DiCaprio et Wes Sechrest, le directeur général de Re:wild, ont rencontré Bezos et son épouse Lauren Sánchez Bezos pour envisager comment le financement philanthropique pourrait jouer un rôle plus important dans la prévention de la perte d’espèces.

Ces premières conversations se sont élargies pour inclure des organisations de conservation, des communautés autochtones et des représentants gouvernementaux de plusieurs pays, avant d’aboutir au programme annoncé début août.

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