Carburant : les transporteurs routiers mobilisés le 21 octobre à Paris

Alors que le prix du carburant a bondi de 46% en un an, les 110 000 salariés du transport routier représentés par l’OTRE font face à une impasse : maintenir l’emploi, investir dans la transition énergétique et survivre économiquement.

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Carburant : les transporteurs routiers mobilisés le 21 octobre à Paris © RSE Magazine

Alors que les grandes entreprises affichent leurs ambitions climatiques, le secteur du transport routier est en difficulté. Le prix du gazole a bondi de 46 % entre août 2025 et août 2026, selon le Comité national routier. Les 3 600 entreprises représentées par l’OTRE et leurs 110 000 salariés se retrouvent confrontés à un dilemme : maintenir l’emploi, investir dans la transition énergétique et assurer leur survie financière.

110 000 emplois en danger : l’impact social de la crise carburant

Le secteur du transport routier fonctionne avec des marges très faibles, souvent sous les 3 %. La hausse des prix du carburant érode ces marges, empêchant tout investissement dans le renouvellement de flotte ou la formation des salariés. L’OTRE et la FAI soulignent que « les transporteurs ne peuvent plus absorber indéfiniment l’augmentation du prix des carburants » et réclament des tarifs de transport qui couvrent les coûts et permettent d’investir.

Les PME du secteur, faute de trésorerie, reportent leurs projets de développement, menaçant directement les 110 000 emplois représentés par l’OTRE. Le risque de suppressions d’emplois grandit à mesure que les entreprises accumulent les déficits, soulevant des questions sur l’intégration de l’emploi dans les politiques RSE des donneurs d’ordre.

Les conducteurs routiers ressentent directement les effets de cette crise financière. Pour réduire les coûts, les entreprises gèlent les salaires et diminuent les investissements dans le confort des véhicules. Les flottes électriques, essentielles à la transition, restent inaccessibles pour la plupart des entreprises. La promesse d’un transport plus durable est freinée par les réalités financières.

Les aides gouvernementales tardent à être versées, aggravant la situation. Seulement 16 % des entreprises ayant demandé l’aide de mai l’ont reçue, contre 80 % pour celle d’avril. Le décret pour les aides de juin à août n’a été publié que le 23 septembre 2026, avec des paiements prévus après le 9 novembre, déstabilisant ainsi les plannings et le moral des équipes.

La transition énergétique mise en péril par le prix du carburant

La transition vers des flottes moins polluantes exige des investissements importants. Un camion électrique ou au bioGNV coûte 30 à 50 % de plus qu’un modèle diesel. Déjà étranglées par la hausse du carburant, les entreprises de transport n’ont plus les capacités financières pour ces acquisitions. Les banques, en raison de la dégradation des bilans, durcissent leurs conditions de prêt.

L’exclusion des transporteurs de l’aide aux grands rouleurs, prolongée le 22 septembre 2026, souligne ce paradoxe. Le Gouvernement explique que les transporteurs peuvent répercuter les hausses tarifaires sur leurs clients, mais Jean-Marc Rivera de l’OTRE critique cette vision simpliste, rappelant que cette répercussion est loin d’être intégrale.

Les entreprises clientes affichent des objectifs ambitieux de réduction de leur empreinte carbone, exigeant des engagements climatiques stricts de leurs prestataires logistiques. Cependant, elles refusent souvent de revaloriser les tarifs pour financer la transition. La RSE devient alors un affichage déconnecté des réalités opérationnelles.

Les transporteurs doivent investir dans des véhicules propres pour conserver leurs contrats, mais manquent de moyens financiers pour le faire. La mobilisation du 21 octobre à Paris vise à interpeller le pouvoir politique sur cette impasse. Jean-Marc Rivera précise : « C’est un choix assumé parce que nos demandes portent sur le pouvoir politique et qu’il est à Paris ».

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