Commerce équitable : un bond de 23 % en 2025 qui redistribue les cartes de la consommation française

Les magasins bio, les boutiques spécialisées et la vente directe continuent de progresser, chacun trouvant son public et ses produits de prédilection.

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Barometre The Commerce Equitable France 2026
Commerce équitable : un bond de 23 % en 2025 qui redistribue les cartes de la consommation française © RSE Magazine

En 2025, les ventes de produits issus du commerce équitable ont atteint 3,27 milliards d’euros en France, selon l’Observatoire statistique publié en juin 2026 par Commerce Équitable France. La progression s’établit à 23 % par rapport à 2024, dans un marché alimentaire global qui n’a crû que de 1,8 % (NielsenIQ), avec une inflation limitée à 1,2 % (INSEE). Sur onze ans, entre 2014 et 2025, les ventes ont été multipliées par six. La consommation responsable s’ancre durablement dans les habitudes des Français, portée par une attention croissante à la rémunération des producteurs, qu’ils soient installés dans les pays du Sud ou sur le territoire national.

Le commerce équitable franchit les 3 milliards d’euros en France

Les produits issus des filières françaises de commerce équitable ont généré 1,64 milliard d’euros de ventes en 2025, en hausse de 26 %. Les filières internationales ont pesé 1,63 milliard d’euros, avec une croissance de 21 %. Pour la première fois, les deux segments affichent un poids équivalent. La montée en puissance des filières hexagonales, développées depuis 2014 seulement, reflète la recherche de proximité et de traçabilité par les consommateurs, ainsi qu’une sensibilisation accrue aux difficultés économiques du monde agricole français. Actuellement, 120 groupements agricoles français participent à des relations commerciales équitables labellisées, bénéficiant à environ 13 000 agriculteurs.

Trois catégories dominent les ventes

Les céréales, légumineuses et épicerie salée représentent 21 % des ventes alimentaires de commerce équitable, tous circuits confondus. Les boissons chaudes (café, thé, tisanes) et la boulangerie-viennoiserie captent chacune 19,2 %. Les desserts et l’épicerie sucrée pèsent 16,3 %, tandis que les fruits et légumes frais ne représentent que 9,2 %.

Dans les filières internationales, le café domine avec 535 millions d’euros de ventes (34,4 % du segment). Le chocolat arrive en deuxième position avec 342 millions d’euros (22 %), suivi par les bananes à 227 millions d’euros (14,6 %). Du côté des filières françaises, la boulangerie et la viennoiserie écrasent la concurrence avec 613 millions d’euros (37,4 % du segment). L’épicerie salée suit avec 434 millions d’euros (26,5 %), puis la viande et les œufs avec 203 millions d’euros (12,4 %).

La restauration collective accélère

La restauration hors domicile a généré 450 millions d’euros de ventes en 2025, en progression de 12 %. L’intégration croissante du commerce équitable dans la restauration collective s’explique par les obligations réglementaires issues de la loi Egalim et par une prise de conscience des gestionnaires de cantines scolaires, d’entreprises ou d’établissements de santé.

Trois gammes de produits origine France illustrent particulièrement la dynamique. Les produits laitiers ont vu leurs ventes plus que tripler sur ce segment en un an. Les produits de boulangerie affichent une hausse de 160 %, tandis que les compotes de fruits connaissent également une forte progression. Côté produits exotiques, le chocolat enregistre une augmentation de plus de 50 % dans la restauration collective, tout comme le sucre et les épices.

Les grandes surfaces dépassent les 50 % de parts de marché

En 2025, les grandes et moyennes surfaces (GMS) représentent pour la première fois plus de la moitié des lieux de vente des produits de commerce équitable. La percée dans la distribution de masse démontre que ces produits ne sont plus cantonnés aux magasins spécialisés ou aux réseaux militants.

Tous les circuits de distribution affichent néanmoins une croissance, preuve que l’expansion du commerce équitable ne se fait pas au détriment d’un canal au profit d’un autre, mais par élargissement global du marché. Les magasins bio, les boutiques spécialisées et la vente directe continuent de progresser, chacun trouvant son public et ses produits de prédilection.

La moitié des produits équitables sont aussi bio

La moitié des produits issus du commerce équitable sont également certifiés biologiques, en valeur. La proportion atteint 67 % pour les filières internationales, contre 32 % pour les filières françaises. Dans les pays du Sud, les petits producteurs pratiquent souvent une agriculture paysanne naturellement peu intensive, facilitant la conversion au bio. En France, la double certification représente un investissement financier et administratif plus lourd pour des exploitations déjà fragilisées économiquement.

Les ventes de produits à la fois bio et équitables progressent de 11 % en 2025, alors que le marché bio dans son ensemble n’a crû que de 3,6 % selon l’Agence Bio. La surperformance suggère que les consommateurs qui recherchent des garanties environnementales et sociales constituent un segment de marché en expansion, prêt à payer un différentiel de prix pour des produits répondant à leurs exigences éthiques.

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