La récolte française de maïs devrait chuter de 35 % en 2026, pour atteindre neuf millions de tonnes, son niveau le plus bas depuis 1980, alerte La République des Pyrénées. Le gouvernement, qui désigne la France comme la première puissance céréalière d’Europe, a confirmé cette baisse vendredi 7 août 2026.
Un effondrement porté par la sécheresse et le recul des surfaces
Le ministère de l’Agriculture chiffre le rendement à 70,3 quintaux par hectare, en baisse de 19 % sur un an, sous l’effet conjugué de la canicule et de la sécheresse. Selon le ministère, les rendements n’avaient pas autant reculé depuis 2003.
Deux épisodes caniculaires supplémentaires sont survenus après l’estimation de fin juin de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), à des moments sensibles pour la plante : la floraison et le remplissage des épis. L’AGPM, présidée par Franck Laborde, originaire du Béarn, avait alors évalué le repli à 30 %, à 9,5 millions de tonnes, un niveau qu’elle jugeait déjà inédit depuis 26 ans.
Le second facteur explicatif tient au recul des surfaces consacrées au maïs, estimé à 21 % par le ministère. Les agriculteurs se tournent davantage vers le tournesol ou la mise en jachère, alors que leurs coûts de production ont grimpé. La guerre au Moyen-Orient a fait exploser le prix des engrais, sans que les cours du maïs suivent cette hausse : la production reste relativement abondante à l’échelle mondiale.
Le blé et les céréales à paille mieux résistent
Contrairement au maïs, cultivé en été, les céréales à paille, majoritairement semées en hiver, ont mieux résisté aux chaleurs extrêmes, même si elles ont pâti d’un excès de pluies hivernales. Le ministère n’a révisé qu’à la marge ses estimations publiées mi-juillet 2026 : 46,1 millions de tonnes, contre 46,3 millions annoncées un mois plus tôt, soit une baisse de 5 % sur un an. Les récoltes ont été particulièrement précoces.
Le blé tendre, utilisé pour le pain, atteint 31,9 millions de tonnes, en recul de 4,3 %. Le blé dur recule plus fortement, de 16,6 %, à 1,1 million de tonnes.
La production française d’oléagineux devrait rester globalement stable en 2026, à 6,5 millions de tonnes, selon l’estimation arrêtée au 1er août. La hausse des surfaces, de 13 %, compense le recul des rendements causé par la canicule. Le ministère prévient toutefois que cette prévision reste incertaine, tant elle dépend de l’ampleur du stress hydrique et thermique subi par les cultures d’été comme le tournesol et le soja.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé mercredi 5 août 2026 un plan global d’accompagnement face à la canicule, à la sécheresse et aux incendies pour les agriculteurs. Depuis fin juin, les vagues de chaleur successives se sont ajoutées à un manque d’eau chronique.
Des millions de volailles sont mortes étouffées, les prairies sont grillées et les vaches produisent moins de lait. La Bretagne, grosse région maraîchère peu habituée à ce type de phénomène, voit ses cultures de plein champ non irriguées ruinées.
Le ministère précise que ce plan comportera « des mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées ». Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué à ce stade. Sur l’accès à l’eau, la ministre évoque des « adaptations ».
Annie Genevard a saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune fasse preuve de pragmatisme. De nombreuses aides européennes sont conditionnées à des obligations de couverture minimale des sols ou de rotation des cultures. La ministre souhaite un assouplissement de ces règles, afin que les agriculteurs empêchés de les respecter par les conditions climatiques puissent tout de même toucher leurs subventions.




