Le désert de Taklamakan, à l’extrême nord‑ouest de la Chine, est en train de changer de visage. En utilisant des micro‑organismes âgés de plus de 3,5 milliards d’années, le pays tente de rendre fertiles des zones qui étaient autrefois complètement arides, explique le média Gameblog. Projet qualifié de « révolution » par certains, il vise à lutter contre la désertification, un phénomène qui menace plus de 100 pays et régions.
Un défi de taille pour la Chine
La Chine couvre une superficie d’un peu moins de 10 000 000 km², et la désertification y est un problème majeur, souvent surnommée le « cancer de la terre ». Avec une population qui continue de croître et une exploitation soutenue des ressources, la pression sur les terres est forte. Le désert de Taklamakan, où 85 % de la surface sont des dunes mouvantes, illustre bien la situation.
Depuis des décennies, la Chine mène des campagnes de boisement pour créer des « barrières écologiques » contre l’avancée du sable, une politique de reforestation qui a des effets inattendus. Mais ces méthodes traditionnelles de reboisement massif sont souvent lentes et demandent beaucoup d’efforts. L’exemple du chemin de fer Lanzhou‑Baotou, construit en 1958, montre qu’une « ceinture verte » peut fonctionner, mais au prix de moyens humains et temporels importants.
Les cyanobactéries à la rescousse
Des chercheurs chinois proposent une approche qui pourrait accélérer les choses : l’utilisation de cyanobactéries (micro‑organismes photosynthétiques) pour reconstruire la base du sol. Ces cyanobactéries forment une croûte biologique sur le sable comme une « nouvelle peau » qui aide à souder les grains, limite l’érosion provoquée par le vent et améliore la rétention d’eau.
En complément, des machines automatisées pilotées par l’intelligence artificielle stabilisent les dunes, illustrant la transition énergétique en cours. Le suivi par satellite permet de contrôler l’évolution des secteurs traités. C’est donc une combinaison de biotechnologie et de technologies modernes pour maximiser les effets.
Des résultats qui encouragent
Les premiers retours sont positifs : dans certaines zones traitées, l’érosion éolienne a été réduite de plus de 90 %, les étendues de sable se stabilisent et s’enrichissent en carbone et en nutriments. Le taux de survie des arbustes fixes augmente de 10 à 15 %. La NASA, qui observe les conditions extrêmes du désert chinois depuis 20 ans, suit aussi ces travaux, car elles peuvent simuler des environnements martiens et nourrir la recherche spatiale.
Parmi les innovations intégrées au projet, on note l’invention récente (2023) de Tang Ximing, un projet de forage qui suscite des préoccupations.








