Pourquoi vos panneaux solaires émettent parfois plus de CO₂ que le nucléaire : on décortique les chiffres

Saviez-vous que l’empreinte carbone des panneaux solaires en France peut atteindre 44 g eq CO2/kWh, bien plus élevée que celle du nucléaire ?

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Pourquoi vos panneaux solaires émettent parfois plus de CO₂ que le nucléaire : on décortique les chiffres
Pourquoi vos panneaux solaires émettent parfois plus de CO₂ que le nucléaire : on décortique les chiffres © RSE Magazine

L’installation de panneaux solaires fait partie des actions clé à envisager pour réussir la transition énergétique. Même si les avantages financiers sont évidents, leur empreinte écologique mérite qu’on y regarde de plus près, surtout en France. Poser des panneaux reste souvent perçu comme un geste vert, mais la réalité est un peu plus nuancée dans un pays où l’électricité est déjà très peu émettrice de carbone.

Le paysage énergétique en France

La France se distingue par une électricité exceptionnellement bas carbone, grâce surtout à son parc nucléaire. EDF, un acteur majeur, contribue fortement à cette situation en fournissant une électricité presque décarbonée. Avec une capacité nucléaire installée de 61,4 GW, la France possède le deuxième plus grand parc nucléaire civil au monde, juste après les États-Unis. En 2024, la production nucléaire devrait approcher les 360 TWh, soit environ 65 % du mix électrique français. L’intensité carbone de ce mix devrait se situer autour de 19,6 g eq CO2/kWh selon RTE.

Le comparatif des intensités carbone aide à voir les différences entre sources. L’éolien terrestre et l’éolien offshore affichent respectivement 14,1 et 15,6 g eq CO2/kWh. L’hydroélectrique, première source renouvelable en France, émet 6 g eq CO2/kWh, tandis que le nucléaire est à 4 g eq CO2/kWh. Selon Frandroid, le photovoltaïque, même quand il est fabriqué localement, présente un bilan plus élevé, allant de 25 à 44 g eq CO2/kWh selon le lieu de fabrication, ce qui pose la question de son intérêt écologique dans le cas français.

À l’étranger : différences selon les pays et la production

À l’échelle européenne, la France se démarque par la faiblesse de son intensité carbone, contrastant avec l’Allemagne dont le mix, malgré 56 % d’énergies renouvelables, reste très dépendant du charbon et dépasse les 300 g eq CO2/kWh. La Pologne affiche des chiffres encore plus élevés, au-delà des 500 g eq CO2/kWh. En revanche, des pays comme la Norvège approchent d’un mix quasiment décarboné grâce à l’hydroélectricité et à l’éolien.

Ces comparaisons montrent que l’intérêt écologique des panneaux solaires varie selon leur lieu de fabrication. Ceux produits en Chine sont associés à une empreinte de 44 g eq CO2/kWh, tandis que des panneaux fabriqués localement en France tombent à 25 g eq CO2/kWh.

Ce qui coince pour le photovoltaïque en France

L’essor des panneaux solaires en France pose aussi des questions pratiques, comme la surproduction. Par exemple, le 26 avril, une forte production collective a provoqué des tarifs négatifs sur le marché de l’électricité. Parallèlement, l’État réduit progressivement certaines subventions et encourage plutôt l’autoconsommation via des batteries domestiques (pour stocker et réutiliser l’énergie produite), afin que les particuliers puissent lisser leur consommation et réduire leur dépendance aux variations de prix.

La fabrication nationale des panneaux pourrait, à terme, faire baisser leur bilan carbone. La France, qui vise la production de 40 GW par an, mise sur des initiatives industrielles comme l’usine Carbon à Fos-sur-Mer. D’autres projets, par exemple l’usine Holosis à Hambach, ont cependant été abandonnés.

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