La Commission européenne a donné son feu vert, lundi 13 juillet 2026, à un dispositif de soutien public français destiné à l’éolien offshore. Le régime, qui peut atteindre 63 milliards d’euros sur vingt-cinq ans, doit financer la construction et l’exploitation de onze parcs répartis entre la mer du Nord, l’Atlantique et la Méditerranée.
Réunis, ces onze parcs représenteraient jusqu’à 11,1 gigawatts (GW) de capacités installées, pour une production annuelle pouvant atteindre 47,8 térawattheures. De quoi couvrir 10,6 % de la consommation électrique française. La Commission a validé ce régime au titre du CISAF, l’encadrement des aides d’État lié au pacte pour une industrie propre, malgré les défis écologiques rencontrés par d’autres sources d’énergie renouvelable comme l’hydroélectricité.
Elle a jugé le dispositif « nécessaire, approprié et proportionné » pour accélérer la transition vers une économie zéro net.
Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission chargée d’une transition propre, juste et compétitive, a salué une étape déterminante pour le dossier français : « La décision d’aujourd’hui ouvre la voie au régime français de soutien à l’éolien en mer. La France poursuivra ses efforts vers un système énergétique totalement décarboné, et la Commission continuera d’aider les États membres à atteindre nos objectifs climatiques communs. », cite La Tribune.
Un contrat pour différence qui protège l’État comme les producteurs
Concrètement, l’aide prendra la forme d’une prime variable adossée à un contrat pour différence bidirectionnel, attribué à l’issue d’une procédure de mise en concurrence. Le principe : un prix de référence est fixé pour l’électricité produite, calculé selon un mécanisme dit « pay-as-bid » à partir de l’offre du bénéficiaire.
Si le prix de marché tombe sous ce seuil, l’État verse la différence aux exploitants pour garantir la rentabilité des projets. Si, à l’inverse, les prix dépassent ce niveau, ce sont les producteurs qui reversent le surplus aux autorités françaises. Ce système, largement utilisé en Europe pour sécuriser les investissements bas carbone, comporte aussi des garde-fous : aucune compensation n’est prévue lorsque les prix du marché deviennent négatifs.
Ce régime remplace, pour trois des onze parcs concernés, un dispositif antérieur déjà autorisé par la Commission en août 2025.
L’appel d’offres correspondant, baptisé AO10, a été lancé par le ministère chargé de l’Énergie le 12 juin dernier, avec la publication du cahier des charges. Il porte sur environ 10 GW, partagés à parts égales entre éolien posé et éolien flottant. La Commission de régulation de l’énergie doit examiner les offres début 2027, avant une attribution des projets par la ministre chargée de l’Énergie prévue en février de la même année.
Ce feu vert européen intervient après un net ralentissement de la filière offshore française en 2025. Le pays ne compte aujourd’hui qu’environ 2 GW de capacités installées en mer, un chiffre à mettre en regard de l’objectif de 45 GW fixé par la programmation énergétique nationale à l’horizon 2050.


