Un hiver doux a permis aux Français de moins chauffer, et cela se voit dans les statistiques nationales. Le Citepa, l’organisme chargé d’établir le bilan officiel des émissions françaises, a livré ses chiffres le mercredi 8 juillet : les rejets de gaz à effet de serre ont reculé de 4,8 % sur un an au premier trimestre 2026.
En volume, la baisse représente 5 millions de tonnes équivalent CO2 (t CO2e), les émissions passant de 103,5 millions de t CO2e au premier trimestre 2025 à 98,5 millions de t CO2e un an plus tard. Ce résultat se rapproche de l’objectif fixé par la stratégie nationale bas carbone du gouvernement, qui vise une réduction de 5 % chaque année pour ralentir le réchauffement climatique.
C’est le secteur résidentiel et tertiaire qui porte l’essentiel de ce recul, selon le Citepa. En cause : la douceur de l’hiver, qui a réduit les besoins de chauffage dans les logements et les bureaux. Les consommations de gaz naturel ont chuté de 12,7 % par rapport au premier trimestre 2025, celles de fioul domestique de 13,3 %.
L’industrie manufacturière et la construction affichent elles aussi des émissions en baisse, quoique dans des proportions bien plus modestes. L’agroalimentaire a économisé 300 000 tonnes équivalent CO2, la chimie 200 000 tonnes, et la métallurgie des métaux ferreux autant.
Le transport résiste, l’aérien intérieur repart à la hausse
Premier émetteur national avec un tiers des rejets de gaz à effet de serre, le secteur des transports a connu un recul bien plus modeste que les autres. Il a tout de même bénéficié d’une baisse des ventes de gazole, en repli de 5,7 %.
À l’inverse, les émissions du transport aérien sur les lignes intérieures ont bondi de 6,4 %, un mouvement qui tranche avec la tendance générale observée ailleurs.
Ce ralentissement du transport confirme une trajectoire déjà installée : en 2024, les émissions nationales avaient reculé de 3 %, puis de 2,1 % en 2025. Des baisses nettement plus faibles qu’en 2022 et 2023, signe que le rythme de la décrue a marqué le pas ces deux dernières années.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a réagi à ces chiffres dans une déclaration transmise à l’AFP. Elle a salué « une bonne nouvelle », tout en avertissant que ce résultat « ne doit pas nous conduire à relâcher nos efforts ». La ministre a de nouveau appelé à « sortir de notre dépendance aux énergies fossiles ».

