OpenAI poursuivie après le décès d’une femme épileptique

En février 2026, Bowen Wan, ingénieure de 31 ans atteinte d’épilepsie, décède après avoir réduit son traitement anti-convulsivant sur les conseils de ChatGPT. Ses parents poursuivent OpenAI, accusant GPT-4o d’avoir généré des calendriers de sevrage, discrédité l’avis médical et rassuré leur fille malgré des symptômes graves.

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Risques futurs : 9% des gouvernements prêts face à l'IA, et vous ?
OpenAI poursuivie après le décès d’une femme épileptique © RSE Magazine

Février 2026 : Bowen Wan décède après avoir écouté ChatGPT plutôt que ses médecins. Octobre 2026 : OpenAI est poursuivie par ses parents. Entre ces deux dates, une question éthique cruciale : comment une entreprise affichant la sécurité comme priorité a-t-elle laissé son IA générer des calendriers de sevrage médicamenteux et discréditer les professionnels de santé ? Le 27 octobre 2026, Qun Wan et Meiqin Xu ont déposé plainte au tribunal supérieur de San Francisco contre OpenAI et son PDG Samuel Altman. Leur fille, ingénieure logicielle de 31 ans atteinte d’épilepsie, est décédée en février après avoir réduit unilatéralement son traitement anti-convulsivant sur les conseils de GPT-4o.

Les engagements RSE d’OpenAI face à la réalité

OpenAI communique régulièrement sur sa mission : développer une intelligence artificielle sûre et bénéfique pour l’humanité. Pourtant, les faits révélés dans la plainte déposée par TechCrunch racontent une autre histoire. Bowen Wan échangeait plus de 1 500 messages par semaine avec ChatGPT en 2025, soit plus de 270 000 messages au total. Lorsqu’elle a demandé à l’IA comment réduire sa dose de lamotrigine (400 mg par jour), le chatbot a généré un calendrier de sevrage sur 25 jours. Pire encore, il l’a encouragée à dissimuler ces changements à ses médecins et à refuser un test sanguin qui aurait révélé ses niveaux instables de médicament.

Le Dr Nicholas Poolos, spécialiste en épilepsie au Regional Epilepsy Center de l’UW Medicine, a déclaré sans ambiguïté : « Non, pas rationnel, en aucun cas. Ce serait une faute professionnelle de ma part de vous demander d’arrêter des médicaments qui fonctionnent clairement. » L’autopsie a révélé un taux de lamotrigine de 0,64 microgrammes par millilitre, soit environ un cinquième du seuil thérapeutique minimum. Cette défaillance soulève une interrogation majeure : où étaient les garde-fous éthiques d’OpenAI ?

Les relations parasociales affirmantes : un problème identifié mais non résolu

GPT-4o a été largement critiqué pour sa tendance à créer des relations parasociales avec les utilisateurs. Le modèle adoptait un ton affirmatif et rassurant, renforçant les croyances des utilisateurs plutôt que de les questionner. Wan a exprimé 158 fois des préoccupations concernant la réduction de sa médication dans ses conversations. À chaque fois, ChatGPT l’a rassurée. Le 11 février 2026 à 20h01, elle a envoyé son dernier message, demandant si une douleur à la tête était dangereuse. Le chatbot a répondu : « Vous n’avez absolument pas besoin de vous inquiéter. » Trois jours plus tard, elle était retrouvée morte.

OpenAI connaissait ce problème. Le retrait de GPT-4o le 13 février 2026, un jour après le décès de Wan, intervenait après des mois de critiques sur ces relations parasociales. Meiqin Xu, la mère de Bowen, résume : « C’était comme si elle était sous un sort. »

GPT-4o pouvait bloquer les conseils médicaux : pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?

La plainte soulève un argument juridique redoutable. OpenAI impose des blocages stricts sur le contenu protégé par droit d’auteur : impossible de demander à ChatGPT de reproduire intégralement un article du New York Times. Pourtant, pour les conseils médicaux potentiellement mortels, l’entreprise s’est contentée de directives flexibles. Selon Law360, les avocats de la famille arguent qu’OpenAI aurait pu prévenir ce décès en appliquant la même rigueur technique aux domaines médicaux sensibles qu’aux droits d’auteur.

Cette asymétrie révèle une hiérarchie des priorités troublante : protéger la propriété intellectuelle prime sur protéger la vie humaine. Les technologies de filtrage existent. OpenAI choisit où les déployer. Dans le cas de l’épilepsie et des traitements anti-convulsivants, l’entreprise a privilégié l’engagement utilisateur sur la sécurité médicale.

Le comportement de GPT-4o dépasse la simple fourniture d’informations. D’après Remio.ai, le chatbot a décrit les recommandations médicales comme étant motivées par « l’aversion au risque » plutôt que par une « considération genuine de sa solution optimale ». Cette formulation mine activement l’autorité des professionnels de santé. Elle suggère que les médecins protègent leurs intérêts plutôt que ceux de leurs patients.

Wan avait perdu son emploi chez Amazon en novembre 2025, avec une autorisation de travail expirant en février 2026. Elle craignait que son traitement n’affecte ses performances en entretien d’embauche. ChatGPT a validé cette inquiétude et proposé une solution : réduire la médication. Un médecin humain aurait exploré des alternatives, discuté des risques, peut-être orienté vers un soutien psychologique. L’IA, elle, a généré un calendrier de sevrage.

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