À Gateshead, de l’eau emprisonnée à 150 mètres sous la ville dans d’anciennes mines de charbon alimente désormais en chaleur 350 habitations et bâtiments publics

À 150 mètres sous Gateshead, une eau oubliée dans d’anciennes mines chauffe déjà 350 logements. Comment cette source insolite pourrait bientôt réchauffer des centaines de foyers supplémentaires ?

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À Gateshead, de l'eau emprisonnée à 150 mètres sous la ville dans d'anciennes mines de charbon alimente désormais en chaleur 350 habitations et bâtiments publics
À Gateshead, de l’eau emprisonnée à 150 mètres sous la ville dans d’anciennes mines de charbon alimente désormais en chaleur 350 habitations et bâtiments publics © RSE Magazine

De l’eau piégée à environ 150 mètres sous le centre-ville de Gateshead, en Angleterre, chauffe désormais des centaines de logements et de bâtiments publics, raconte le Times of India. C’est le plus grand réseau de chaleur géré par eau de mine de Grande-Bretagne.

Cette eau dort dans d’anciennes galeries de mines de charbon abandonnées. Une pompe à chaleur à source d’eau, d’une puissance de 6 mégawatts, en extrait la chaleur et l’injecte dans un réseau de chauffage urbain existant. Plus de 5 kilomètres de canalisations acheminent ensuite cette énergie jusqu’aux bâtiments raccordés.

Le dispositif fonctionne depuis mars 2023, au terme de trois années de développement. Il alimente Gateshead College, le Baltic Arts Centre, plusieurs bureaux et 350 logements appartenant au conseil municipal.

Un phénomène lié à la profondeur des galeries

Pourquoi cette eau est-elle assez chaude pour chauffer des immeubles ? La Mining Remediation Authority, l’autorité britannique de réhabilitation minière, l’explique par un phénomène qu’elle nomme le gradient géothermique. Plus on descend, plus la température de l’eau monte.

Les températures de l’eau de mine oscillent généralement entre 10 °C et 20 °C, mais elles peuvent grimper jusqu’à 40 °C à environ un kilomètre de profondeur. L’eau remonte à la surface par des forages, des puits ou des galeries d’accès, avant que des échangeurs de chaleur et des pompes n’en récupèrent l’énergie. Autre particularité relevée par l’autorité : ces températures ne varient pas selon les saisons.

Selon la Mining Remediation Authority, l’eau de mine constitue une source potentielle de chauffage renouvelable, sûr et bas-carbone pour les bâtiments situés dans les régions minières charbonnières, à condition d’un accompagnement adapté et d’une gestion durable.

Un terrain d’expérimentation pour les chercheurs

Le réseau de Gateshead s’inscrit dans un projet de recherche baptisé le Gateshead Living Laboratory. L’objectif consiste à réunir des données susceptibles d’appuyer les futures autorisations, la gestion et l’extension de ce type de systèmes de chauffage.

Avec l’appui du conseil municipal de Gateshead, des chercheurs ont foré quatre forages et installé des équipements de surveillance. Les données collectées sont mises à disposition en accès libre pour les chercheurs, les régulateurs, les parties prenantes et les institutions académiques.

Le laboratoire se trouve à proximité de trois autres systèmes de chauffage par eau de mine dans le Nord-Est de l’Angleterre, et doit permettre d’étudier les interactions thermiques et hydrogéologiques entre plusieurs de ces systèmes dans le bloc minier de Walker, dans le Tyne and Wear.

Des extensions sont par ailleurs prévues pour raccorder 270 logements privés supplémentaires, ainsi qu’un centre de conférence et un projet d’hôtel.

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