Un randonneur a mis en ligne des images tournées en février 2024 lors d’une visite dans les parcs nationaux de Kings Canyon et de Sequoia, en Californie. Ses publications montrent des comportements jugés irresponsables chez certains visiteurs de ces sites protégés, et ont suscité une vague de consternation parmi les internautes.
L’auteur des images qualifie ces touristes de « tourons », contraction de tourist et moron, soit touriste et crétin. Le terme, popularisé selon Futura Sciences, désigne une catégorie de visiteurs dont les gestes, souvent commis pour ramener une image sur les réseaux sociaux, transforment ces sanctuaires naturels en simples décors éphémères.
Les séquences montrent des inscriptions et des gravures laissées sur des troncs d’arbres, une femme photographiée allongée hors des sentiers balisés dans un lit de fleurs sauvages, et un ballon en mylar retrouvé accroché dans la canopée. Des scènes distinctes, présentées comme les preuves d’une négligence devenue banale dans ces espaces protégés.
Des fleurs piétinées et des ballons mortels pour la faune
Les fleurs sauvages piétinées ne sont pas un simple détail esthétique. Ces plantes indigènes jouent un rôle pour les pollinisateurs, eux-mêmes nécessaires à l’approvisionnement alimentaire humain. Le personnel des parcs s’efforce de protéger ces espèces vulnérables, parfois abîmées par un amour de la nature mal placé, quand des visiteurs s’assoient ou s’allongent hors des sentiers pour une photo.
Le sort des arbres inquiète tout autant. Ils absorbent le dioxyde de carbone et fournissent l’oxygène nécessaire à la survie humaine, et plus de 1,5 milliard de personnes dépendent directement d’eux pour leur subsistance.
Le ballon en mylar retrouvé dans la canopée illustre un autre danger, plus direct pour les animaux. Relâchés dans la nature, ces objets en mylar ou en latex deviennent des déchets nocifs que la faune sauvage peut confondre avec de la nourriture.
Leur ingestion, ou l’enchevêtrement dans leurs ficelles, peut entraîner des blessures graves, voire mortelles. Le non-respect des consignes et de la signalisation multiplie ces interactions dangereuses avec les animaux, des incidents qui peuvent parfois se solder par leur euthanasie.
L’air pollué des vallées grimpe jusqu’aux parcs
Selon une étude relayée par KVPR, Sequoia et Kings Canyon figurent parmi les parcs nationaux les plus exposés à la pollution atmosphérique des États-Unis. Ce smog, combiné aux détritus laissés par les promeneurs, réduit la visibilité et perturbe la photosynthèse des arbres, fragilisant des spécimens centenaires devenus plus vulnérables face aux incendies et aux parasites.
La National Parks Conservation Association, citée par LAist, rappelle que les émissions polluantes des villes de la vallée s’élèvent jusqu’aux montagnes et contaminent ces espaces réputés vierges. La pollution ne s’arrête pas aux frontières des parcs.
Face à ce constat, des initiatives émergent à travers la Californie pour recréer du lien entre promeneurs et milieux naturels. Des bénévoles arpentent les sentiers pour ramasser les détritus, reconstruire les tronçons abîmés, replanter des prairies et nettoyer les graffitis, tandis que d’autres témoignent en ligne de leurs actions de sensibilisation auprès des visiteurs. D’autres programmes encouragent la mobilité propre pour limiter la pollution qui atteint les parcs.
Ces témoignages rappellent que la protection de ces espaces ne dépend pas seulement des gardes et du personnel, mais de chaque visiteur. La règle promue par les associations locales et les gardes reste simple : Ne laissez aucune trace.






