Depuis la mi-janvier 2026, un phénomène alarmant touche la côte atlantique : près de 25 000 oiseaux marins ont été retrouvés échoués, morts ou très affaiblis. Ce bilan, communiqué par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), montre l’ampleur d’un épisode qui inquiète experts et habitants des régions côtières. Les causes de cet échouage massif sont multiples et renvoient à des questions environnementales plus larges.
Un phénomène qui dépasse nos côtes
L’épisode, qui a démarré à la mi-janvier 2026, dure depuis un mois et concerne plusieurs pays. En France, les côtes du Finistère à la Charente-Maritime sont particulièrement touchées, avec une forte concentration entre la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques, confirme TF1 Info. À l’étranger, des oiseaux ont été retrouvés échoués jusqu’aux côtes espagnoles et portugaises. Ces zones correspondent aux trajets migratoires habituels des oiseaux marins, venus surtout d’Europe du Nord, notamment d’Islande et d’Écosse. Les Sept Îles (au large de Perros-Guirec) restent aussi un site important de nidification en France.
La coordination du recensement est assurée par le Réseau Échouage Oiseaux Marins Atlantique (REOMA), piloté par la LPO. Selon ce réseau, plus de 20 000 oiseaux ont été retrouvés en France, 4 400 en Espagne et 1 200 au Portugal.
Espèces en danger : quelles sont les causes ?
Parmi les espèces concernées, on retrouve en grand nombre les macareux moines, les guillemots et les petits pingouins. Cédric Marteau, de la LPO, s’inquiète : « D’habitude ce sont quelques dizaines, voire quelques centaines d’oiseaux marins qui s’échouent ; or là nous sommes déjà à plusieurs dizaines de milliers. » Ces oiseaux se reproduisent en Europe du Nord puis migrent vers les côtes françaises pour l’hiver. Cette année, beaucoup ont été retrouvés très amaigris et malnutris, incapables, d’après Cédric Marteau, de « plonger et prendre leur proie ».
Les causes pointées sont surtout liées aux variations météorologiques et climatiques : des tempêtes répétées et un réchauffement des océans ont réduit les ressources alimentaires. La surpêche aggrave la situation en diminuant les réserves naturelles de nourriture, tout comme les captures accidentelles affectent d’autres espèces marines. Les conséquences pour les oiseaux sont immédiates : épuisement, incapacité à se nourrir, puis décès.
Ce que ça change pour la biodiversité et les mesures prises
La situation menace directement certaines populations d’oiseaux, notamment les macareux moines. Cédric Marteau se dit « très inquiet » car la colonie française des Sept Îles ne compte qu’environ 150 couples. On craint que l’intensité de cet épisode en 2026 ne devienne la norme si rien n’est fait pour lutter contre le changement climatique.
Face à ça, la LPO appelle le grand public à signaler les oiseaux morts ou en détresse repérés sur les plages. En cas de découverte, il est demandé de photographier les animaux morts et de transmettre les informations à la LPO, ou de porter secours aux oiseaux vivants via des centres de soins spécialisés. Cette mobilisation vise à sauver le maximum d’animaux touchés.








