Cette ancre romaine dormait sous le sable de la mer du Nord depuis 2 000 ans : les archéologues n’en reviennent pas de son état de conservation

Une ancre romaine de 2 000 ans, récemment retrouvée, révèle des secrets fascinants sur le commerce maritime de la Grande-Bretagne antique.

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Cette ancre romaine dormait sous le sable de la mer du Nord depuis 2 000 ans : les archéologues n'en reviennent pas de son état de conservation
Cette ancre romaine dormait sous le sable de la mer du Nord depuis 2 000 ans : les archéologues n’en reviennent pas de son état de conservation © RSE Magazine

Une découverte archéologie sous-marine remarquable a récemment apporté des éléments nouveaux sur l’économie maritime de la Grande-Bretagne romaine. Une ancre romaine vieille de près de 2 000 ans a été récupérée dans la mer du Nord méridionale, à environ 40 km au large de la côte du Suffolk. Bien conservée parce qu’elle est restée enfouie dans le sable, elle donne un aperçu rare du commerce maritime à l’époque impériale romaine. Sa mise au jour, lors des études préalables à un parc éolien offshore, illustre aussi le rôle des techniques modernes d’exploration sous-marine et la découverte de structure romaine.

Une trouvaille rare et précieuse

Selon un article de la BBC, l’ancre mesure un peu plus de deux mètres de long et pèse environ 100 kg. Elle est faite de fer forgé et de bois. Son excellent état s’explique par un milieu anoxique (privé d’oxygène), qui a limité la corrosion du fer et la décomposition du bois. C’est seulement la troisième ancre pré-viking jamais retrouvée dans les eaux d’Europe du Nord en dehors de la Méditerranée, ce qui en fait un artefact d’une grande rareté. Brandon Mason, de Maritime Archaeology Ltd, souligne que cette ancre est « une preuve matérielle précieuse de l’intensité du commerce maritime à l’époque ».

Liée à un navire marchand dont le déplacement est estimé entre 500 et 600 tonnes, l’ancre témoigne de l’importance du trafic entre la Grande-Bretagne romaine et le continent. Il est rare de retrouver des éléments aussi bien préservés, puisque la plupart des navires en bois de l’époque n’ont laissé aucune trace. La Classis Britannica, la flotte régionale romaine, assurait la reconnaissance des côtes, le transport de ravitaillement et la protection contre les raids saxons et francs.

Découverte grâce à la technologie moderne

C’est en 2018 que l’ancre a été repérée, lors de relevés sédimentaires de haute résolution réalisés pour le projet de parc éolien offshore East Anglia ONE, mandaté par ScottishPower Renewables. Une détection systématique du fond marin a permis d’identifier la zone et d’établir une zone d’exclusion protectrice, ce qui a préservé l’ancre jusqu’à sa récupération en 2021. Stuart Churchley, de Historic England, indique que c’est précisément « la couverture systématique requise pour le projet éolien qui a rendu cette découverte possible ».

Parmi les équipes impliquées figurent Maritime Archaeology Ltd, des conservateurs travaillant aux côtés de Mary Rose Archaeological Services, et les scientifiques des matériaux de Historic England. La conservation de l’ancre est en cours, avec pour objectif sa stabilisation complète en vue d’une future exposition publique.

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