Fin mars 2026, une annonce a secoué la paléontologie : des centaines d’œufs de dinosaures presque intacts ont été mis au jour sur le site fossile de Mèze, dans le sud de la France. Ce gisement, l’un des plus riches jamais retrouvés en Europe, se trouve dans le département de l’Hérault, près du lagon de Thau, là où s’étendait autrefois une plaine côtière, tout comme un autre site riche en œufs en Provence. La découverte apporte des informations précieuses sur la nidification des dinosaures à la fin du Crétacé.
Une trouvaille qui remonte loin
Ce type de découverte ne tombe pas du ciel. Même si les œufs viennent d’être dégagés, l’histoire du site commence en 1996, quand Alain Cabot, alors amateur, repère les premiers fragments de coquilles. En 1998, le site livre Prismatoolithus caboti, puis des ossements de Struthiosaurus en 1999. Les fouilles ont fait une pause, puis repris en octobre 2025, menant à cette révélation d’envergure.
Les œufs, datés entre 72 et 70 millions d’années, appartiendraient à au moins trois espèces différentes :
- les titanosauriens, de grands herbivores dont les œufs sphériques peuvent atteindre 20 cm de diamètre ;
- Rhabdodon priscus, avec des œufs plus petits et ovales ;
- et Prismatoolithus caboti, lié à un petit carnivore, identifié par des œufs à section prismatique bien distincte.

Comment les œufs se sont fossilisés
Les œufs ont été rapidement enfouis sous une fine marne argileuse lors d’une inondation catastrophique. Cet enfouissement rapide a permis une conservation remarquable des coquilles, certaines n’étant pas du tout écrasées. Alain Cabot, figure centrale de cette découverte en tant que directeur du Musée-Parc des Dinosaures de Mèze, insiste sur la valeur de la structure microstructurale des coquilles, déterminante pour leur identification et leur classification.
Les recherches en cours visent à développer un système de classification fondé sur la microstructure de la coquille, les motifs des pores et l’ornementation de surface, ce qui devrait apporter beaucoup à la paléobiologie et à la compréhension des stratégies reproductrices. Alain Cabot a déclaré à la Gazette de Montpellier : « La fouille est probablement destinée à durer plusieurs années de plus, » et il précise que l’objectif est d’explorer d’éventuels embryons préservés, offrant ainsi un éclairage encore plus précis sur la vie avant le choc cataclysmique qui a conduit à la fin de l’ère des dinosaures.
Science et patrimoine : un site qui compte
La mise en valeur du site par le Musée-Parc des Dinosaures ne s’arrête pas à la recherche. Le lieu est à la fois une station de fouilles et une attraction pour le public ; chaque été, des visiteurs viennent observer le travail minutieux des techniciens. Alain Cabot a affirmé : « Ce que nous trouvons à Mèze doit rester à Mèze, » mettant en avant l’engagement pour la conservation locale et le rayonnement régional.


