Treize espèces animales indigènes, autrefois disparues à l’état sauvage en Nouvelle-Galles du Sud, sont revenues et ont recommencé à se reproduire dans trois grandes réserves de conservation. Ce retour intervient 10 ans après la construction, par les autorités de cet État australien, de vastes clôtures anti-prédateurs conçues pour empêcher l’intrusion des chats sauvages et des renards, explique le Times of India.
Ces résultats proviennent d’un partenariat de conservation de 10 ans entre le NSW National Parks and Wildlife Service (NPWS), l’Australian Wildlife Conservancy (AWC) et le programme Wild Deserts de l’University of New South Wales. Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a confirmé, dans une déclaration ministérielle, la prolongation de cet accord pour 10 années supplémentaires, afin de renforcer le réseau de rétablissement de la faune.
Le travail de réintroduction s’est concentré sur trois sanctuaires clôturés à l’abri des prédateurs introduits : le Mallee Cliffs National Park, la Pilliga State Conservation Area et le Sturt National Park. Avant le lancement du projet en 2016, plusieurs de ces espèces n’avaient plus été observées à l’état sauvage dans l’État depuis plus d’un siècle, chassées par les prédateurs introduits et le défrichement des terres.
Les trois réserves font partie d’un réseau plus large de 10 zones sans prédateurs déployées en Nouvelle-Galles du Sud, censé réduire le risque d’extinction pour 33 espèces localement disparues et offrir un habitat sûr à 45 autres espèces menacées.
Parmi les 13 espèces revenues figurent le bilby, le numbat, le wallaby à queue crêpée, le chat marsupial de l’Ouest, le bettong fouisseur et le bandicoot de Shark Bay. Les équipes de suivi de l’AWC et de l’UNSW ont confirmé que toutes les populations réintroduites ont formé des colonies autosuffisantes à l’intérieur des zones clôturées. Plusieurs générations s’y reproduisent désormais naturellement.
La ministre de l’Environnement de la Nouvelle-Galles du Sud, Penny Sharpe, s’est rendue au Mallee Cliffs National Park pour participer à des contrôles sanitaires et superviser la libération de nouveaux bettongs fouisseurs dans le sanctuaire. « Nous sauvons des espèces indigènes de l’extinction. Les bilbis, les numbats et les bandicoots de Shark Bay sont de retour là où ils avaient disparu, et ils prospèrent. », a-t-elle déclaré dans une annonce officielle du gouvernement de la NSW.
La prédation par les renards roux et les chats sauvages introduits reste la principale cause d’extinction des mammifères en Australie. Selon des chiffres d’une agence environnementale, environ la moitié des espèces de mammifères encore présentes en Nouvelle-Galles du Sud sont actuellement menacées d’extinction.
Étendre le succès en dehors des clôtures
Le projet Wild Deserts, mené au Sturt National Park par l’UNSW Sydney en partenariat avec Ecological Horizons, la Taronga Conservation Society Australia et des propriétaires terriens locaux, vise à restaurer les écosystèmes arides endommagés. Les scientifiques y recourent à une gestion adaptative pour étudier comment le retour des mammifères fouisseurs affecte la santé des sols, la germination des graines et la végétation indigène.
Le professeur Richard Kingsford, Scientia Professor à l’UNSW et dirigeant du Wild Deserts Project, a salué, dans du matériel publié par le NSW Department of Climate Change, Energy, the Environment and Water, « les progrès considérables accomplis au cours de la dernière décennie pour restaurer l’écosystème désertique du parc national de Sturt, grâce à la réintroduction d’espèces de marsupiaux exterminées par les chats et les renards il y a plus d’un siècle ».
Il assure qu’il reste encore beaucoup à faire, et que les enseignements tirés de cette gestion adaptative dépassent le cadre du seul site du Sturt National Park pour s’avérer utiles à l’échelle de l’État et du pays.
Le renouvellement du partenariat de 10 ans fournira un financement continu et un soutien opérationnel pour l’entretien des sanctuaires, le suivi des écosystèmes et la gestion génétique des populations animales isolées. Avec des populations reproductrices désormais stables à Mallee Cliffs, dans la Pilliga et au Sturt National Park, les équipes de recherche vont se concentrer sur le test de méthodes de gestion en dehors des zones clôturées, pour vérifier si un contrôle strict des animaux sauvages introduits peut aider les espèces indigènes à survivre dans des paysages ouverts.




